Le groupe poursuivi pour "harcèlement sexuel systématique" — McDonald's

Xavier Trudeau
Mai 20, 2020

Ces derniers ont saisi lundi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), accusant le groupe McDonald's de tolérer un "harcèlement sexuelsystématique" dans ses restaurants dans le monde, comme le rapporte l'AFP.

Le géant du fast-food est accusé d'avoir "une culture pourrie" au sein de ses restaurants. Ils prévoient notamment que les multinationales et leurs actionnaires respectent les droits du travail tels que la protection des salariés contre les violences sexuelles.

La plainte a été transmise à un centre néerlandais de l'OCDE, chargé de sa supervision, selon un communiqué.

Par ailleurs, les syndicats ont choisi les Pays-Bas car le pays est le "centre nerveux" de McDonald's en Europe et le siège de la banque APG.

"Des attouchements, des baisers forcés et d'autres formes de contacts physiques non désirés".

Une première plainte pour " harcèlement sexuel généralisé dans une société multinationale " avait été déposée.

Sont également visées deux banques d'investissements, la néerlandaise APG Asset Management et la norvégienne Norges Bank, qui possèdent des parts dans le capital du géant mondial de la restauration rapide à hauteur d'1,7 milliard de dollars, d'après les syndicats. Selon eux, "la violence et le harcèlement basés sur le genre font partie de la culture de McDonald's".

Les syndicats ont rassemblé des témoignages, avec des allégations allant de "commentaires vulgaires aux agressions physiques" à l'encontre de salariés en Australie, au Brésil, au Chili, en Colombie, en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. La coalition cite aussi une affaire dans un restaurant en France, où un responsable aurait installé un téléphone portable dans les vestiaires afin de filmer les employées féminines en train de se changer.

Depuis la plainte, la compagnie aurait cependant réagi en reconnaissant sa responsabilité, assurant qu'il était du rôle "de McDonald's d'agir pour des lieux de travail sécurisants et respectueux" et que la firme "s'engageait à permettre une évolution positive" de la situation, atteste l'AFP.

"Ces principes ne sont pas des lois, mais ils créent des obligations pour les sociétés multinationales", a déclaré Lance Compa, un expert en droit international du travail, lors d'une visioconférence, une information relevée par l'AFP.

Ces protestations sont désormais du ressort du gouvernement néerlandais, qui doit se prononcer sur la plainte et juger sous trois mois si une procédure de médiation avec l'entreprise est nécessaire.

Avec cette plainte, la coalition de syndicats espère surtout pouvoir lancer le débat entre les employés de la chaîne de restauration et ses dirigeants, afin de combattre les violences sexuelles - souvent genrées - survenant sur leurs lieux de travail.

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