Le nombre de morts du sida pourrait doubler en Afrique

Evrard Martin
Mai 16, 2020

Jewell B, Mudimu E, Stover J, et al for the HIV Modelling consortium, Potential effects of disruption to HIV programmes in sub-Saharan Africa caused by COVID-19: results from multiple models. "Cela exposera des personnes à un risque accru de contracter le VIH sauf si elles disposent des moyens de se protéger". Ce chiffre doit être ajouté aux quatre cent soixante-dix mille décès de 2018, l'année des dernières données statistiques, indique le communiqué de l'OMS et l'Onusida.

Du jamais vu depuis 2008, lorsque 950 000 personnes étaient mortes du sida dans la région.

"Certains pays prennent déjà des mesures importantes, par exemple en veillant à ce que les gens puissent collecter des paquets de traitement en vrac et d'autres produits essentiels, y compris des kits d'auto- dépistage, dans des points de dépôt, ce qui soulage la pression sur les services de santé et le personnel de santé. Nous devons également faire en sorte que l'offre mondiale de tests et de traitements continue d'affluer vers les pays qui en ont besoin". La crise sanitaire liée au coronavirus et à l'épidémie de Covid-19 pourrait donc être responsable du doublement du nombre de morts liés au VIH/sida, si des efforts ne sont pas faits pour atténuer et surmonter les effets de la perturbation des services de santé et de l'approvisionnement en fournitures sanitaires. L'interruption du traitement du Sida peut avoir de graves conséquences humaines.

"La terrible perspective de voir un demi-million de personnes de plus mourir en Afrique de maladies liées au sida, c'est comme remonter dans le temps", a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.

Une rupture des campagnes de prévention, d'accès aux soins et aux traitements pourrait par ailleurs effacer les progrès réalisés dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, alors que le nombre d'enfants infectés a baissé de 43% entre 2010 et 2018, passant de 250 000 à 140 000 enfants. Selon les deux agences onusiennes, la limitation de ces services par le COVID-19 pendant six mois pourrait entraîner une augmentation drastique des nouvelles infections à VIH chez les enfants, pouvant atteindre 37% au Mozambique, 78% au Malawi, 78% au Zimbabwe et 104% en Ouganda.

Alexandra B. Hogan, Britta Jewell, Ellie Sherrard-Smith et al.

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