Le Parlement approuve le gouvernement d'union Netanyahu-Gantz — Israël

Claudine Rigal
Mai 18, 2020

Après 500 jours de crise et trois élections sans victoire par K. -O., le Parlement israélien a donné ce dimanche 1è mai sa bénédiction au gouvernement d'union de Benyamin Netanyahu et Benny Gantz, mettant fin à la plus longue crise politique de l'histoire de l'État d'Israël.

"La population veut un gouvernement d'union, et c'est ce qu'elle aura aujourd'hui", avait déclaré Benjamin Netanyahu peu avant ce vote de confiance sur le gouvernement. Un député était absent.

Ne sachant pas trop quoi penser de cette réponse, son interlocuteur a persisté: le Premier ministre pourrait-il confirmer que, dans 18 mois, lorsqu'il est censé céder le pouvoir à son partenaire de coalition, Benny Gantz, nous marquerons la fin de l'ère Netanyahu?

D'après les termes de l'accord entre MM.

Fruit d'un compromis entre deux anciens rivaux - Benyamin Netanyahou (Likoud, droite) et Benny Gantz (Bleu Blanc, centre) - le nouveau cabinet israélien n'est pas exempt de paradoxes. La presse israélienne s'inquiète du coût faramineux d'un tel gouvernement alors que le pays affronte une grave crise économique liée à la pandémie de coronavirus.

Il a reconnu que son gouvernement de 35 ministres est plus important qu'il ne l'aurait souhaité, a promis qu'il donnerait la priorité à la " création d'emplois " et à la relance de l'économie après les coups portés par la Covid-19, et a juré que l'Iran n'obtiendrait jamais d'armes nucléaires tant qu'il serait le Premier ministre d'Israël. Mais comment remettre sur les rails une économie qui a vu son taux de chômage bondir de 3 % à 27 % tout en évitant une seconde vague de contamination?

Aussi, ou surtout, le gouvernement Netanyahou/Gantz doit se pencher sur l'application du projet américain pour le Proche-Orient qui prévoit notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies juives en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

"Voici la vérité: ces territoires sont là où le peuple juif est né et s'est développé. Il est temps d'appliquer la loi israélienne et d'écrire un nouveau chapitre glorieux dans l'histoire du sionisme", a déclaré Benjamin Netanyahou, utilisant ainsi ses éléments de langage habituels pour évoquer l'annexion des colonies juives en Cisjordanie. Benny Gantz, lui, n'en a rien dit. "Les centaines de milliers de résidents de Judée-Samarie resteront toujours chez eux (.) Ce geste ne nous éloignera pas de la paix, il nous en rapprochera", a assuré Benjamin Netanyahou disant avoir discuté de ce dossier hyper sensible avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors de sa visite à Jérusalem mercredi.

Au cours de la dernière décennie, la population dans les colonies israéliennes a bondi de 50% pour dépasser les 450 000 personnes, vivant souvent de manière conflictuelle auprès de plus de 2,7 millions de Palestiniens. La plupart des pays de l'Union européenne veulent aussi convaincre Israël d'y renoncer afin d'éviter de devoir sanctionner ce pays.

"Si Israël annexe réellement (des pans de) la Cisjordanie en juillet, cela conduira à un conflit majeur avec le royaume jordanien", a prévenu le roi Abdallah II de Jordanie dans un entretien au magazine allemand Der Spiegel.

Le plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire d'Israël sera le premier à être jugé pour corruption durant son mandat à partir du 24 mai. A moins d'un report de l'audience.

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