Les médicaments psychotropes protègent-ils du Covid-19 — Coronavirus

Evrard Martin
Mai 6, 2020

S'il n'existe actuellement aucun vaccin, les recherches et tests se multiplient.

La chlorpromazine est à l'essai pour tester un effet antiviral sur le Covid-19, indiquent les médecins-chercheurs du Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences dans un communiqué publié ce lundi 4 mai. Un vieux médicament antipsychotique, prescrit notamment contre la schizophrénie, la chlorpromazine, va faire l'objet d'un premier essai clinique exploratoire en France chez des patients sous oxygène atteints de la maladie Covid-19, selon la responsable de l'essai.

But de l'opération: voir si la chlorpromazine accélère la guérison et diminue les aggravations. Les premiers résultats sont attendus dans un mois et plus rapidement si d'autres établissements rejoignent l'étude, indique à l'AFP le Dr Marion Plaze, de l'hôpital Sainte-Anne. Les patients feront l'objet d'une surveillance sur le plan cardiaque, afin de prévenir tout risque de troubles à ce niveau.

"Si les résultats étaient probants, il faudrait d'abord les confirmer sur un plus grand groupe de patients".

Les soignants de cet hôpital psychiatrique situé dans le 14e arrondissement de la capitale ont en effet constaté, depuis le début de la pandémie, qu'ils étaient davantage touchés par celle-ci que leurs patients. "Les services de soins en psychiatrie constatent une faible prévalence de formes symptomatiques et sévères du Covid-19 chez les patients atteints de troubles psychiques" pourtant "à risque" (surpoids, troubles cardio-vasculaires), est-il expliqué.

Seuls 3% des patients hospitalisés ont été testés positifs au nouveau coronavirus, contre 19% du personnel médico-soignant. Par ailleurs, comme le précise le quotidien régional, une propagation similairement faible du coronavirus a été observée dans d'autres hôpitaux psychiatriques en France, mais aussi en Chine, en Espagne et en Italie. "Elle va venir gêner l'entrée des virus dans les cellules en bloquant les outils que les virus vont utiliser pour rentrer dans la cellule", explique-t-elle.

Les médecins-chercheurs du pôle avaient en mémoire des travaux réalisés dans les années 1980 sur l'efficacité de certains médicaments utilisés en psychiatrie pour lutter contre des virus.

Des premières expérimentations ont ainsi été menées in vitro, en collaboration avec l'Institut Pasteur, et ont permis de constater qu'il existait bien, a priori, un effet antiviral de la chlorpromazine sur le SARS-CoV-2. Il s'appuie sur les résultats prometteurs qui viennent d'être obtenus en collaboration avec l'Institut Pasteur pour lancer le premier essai clinique chez l'homme.

D'après une étude sur 75 composés pharmaceutiques, parue fin avril dans la revue Nature, l'antipsychotique halopéridol a également montré une activité antivirale contre le virus.

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