L'hydroxychloroquine n'est pas efficace, selon deux études — Coronavirus

Claudine Rigal
Mai 15, 2020

Alors que le bilan de la pandémie de coronavirus a dépassé la barre des 300 000 morts dans le monde et que les laboratoires planchent toujours à l'élaboration d'un vaccin, la communauté scientifique a pu découvrir, vendredi 15 mai, les résultats de deux études à la méthodologie robuste menées sur l'hydroxychloroquine, molécule présentée comme un traitement possible contre le Covid-19.

Le controversé professeur Didier Raoult prônait l'usage de l'hydroxychloroquine chez des patients en début de la maladie Covid-19, associé à un antibiotique, l'azithromycine.

Menée par des chercheurs français, la première étude conclut que l'hydroxychloroquine ne réduit pas significativement les risques d'admission en réanimation, ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19.

"Considérés dans leur ensemble, ces résultats ne plaident pas pour une utilisation de l'hydroxychloroquine comme un traitement de routine pour les patients atteints du Covid-19", estime la revue médicale britannique BMJ qui a publié ces deux travaux.

L'étude française s'est basée sur un panel de 181 patient·es adultes, admis·es à l'hôpital après une pneumonie contractée en raison du Covid-19. Tous devaient se voir administrer de l'oxygène. 84 de ces patients ont reçu de l'hydroxychloroquine quotidiennement moins de deux jours après leur hospitalisation, contrairement aux 97 autres. L'objectif était de quantifier le nombre de malades décédant ou nécessitant une prise en charge en service de réanimation en fonction des deux groupes.

" L'hydroxychloroquine a reçu une attention planétaire comme traitement potentiel du Covid-19 après des résultats positifs de petites études".

Que les patients aient été traités ou non avec cette molécule, cela n'a rien changé, ni pour les transferts en réanimation (76% des malades traités à l'hydroxychloroquine étaient en réanimation au bout du 21ème jour, contre 75% dans l'autre groupe de patients), ni pour la mortalité (le taux de survie au 21ème jour était respectivement de 89% et 91%). Malgré tout, aucun d'entre eux n'a encore été traduit en avantages cliniques.

En ce qui concerne la seconde étude, 150 adultes hospitalisé·es ayant contracté une forme "légère" ou "modérée" du Covid-19 ont été étudié·es.

Là encore, le fait de recevoir ou non ce traitement n'a rien changé sur l'élimination du virus par les patients au bout de quatre semaines.

Néanmoins, une différence a été soulevée. Parmi ceux qui ont été traités à l'hydroxychloroquine, 30% ont souffert d'effets indésirables, le plus souvent s'agissant de diarrhée. Alors que pour ceux qui n'en n'avaient pas pris, ce chiffre ne s'élève qu'à 9%.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL