Ouverture du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu — Israël

Claudine Rigal
Mai 25, 2020

Le procès pour corruption du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'ouvre dimanche dans un tribunal de Jérusalem, une première dans le pays pour un Premier ministre en exercice qui s'estime de son côté victime d'une chasse aux sorcières. Benjamin Netanyahu est attendu en début d'après-midi au tribunal du district de Jérusalem pour une bataille judiciaire qui s'annonce longue et rude.

Avant son arrivée, il a rencontré des survivants de la Shoah, le génocide juif par l'Allemagne nazie, pour lui donner la "force", a-t-il dit.

Alors qu'un projet de gouvernement avec son rival politique Benny Gantz, dans lequel il occuperait le poste de Premier ministre pour 18 mois, a été validé début mai par le Parlement israélien, ce procès est un moment capital pour Benjamin Netanyahou, qui risque la prison, mais peut aussi blanchir sa réputation et se débarrasser de ces affaires embarrassantes qui empoisonnent son parcours politique récent.

Benjamin Netanyahu est un habitué des premières.

Netanyahu, qui nie les charges retenues à son encontre, est accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption.

Avant lui, Ehud Olmert, ancienne étoile du Likoud, son parti, avait déjà été inculpé - après avoir démissionné - pour corruption, puis reconnu coupable d'avoir touché des pots-de-vin avant de croupir 16 mois en prison. Mis en examen pour fraude, corruption et abus de confiance dans trois affaires différentes, Benyamin Netanyahou est accusé d'avoir reçu pour 180 000 euros de cigares, de champagne, et de bijoux de la part de personnalités richissimes. Il est aussi accusé d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d'Israël, le Yediot Aharonot. En contrepartie, il aurait octroyé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars à Shaul Elovitch, alors patron du principal groupe de télécommunications israélien, Bezeq, dont fait partie Walla.

Les juges chargés du procès de Netanyahou bénéficieront d'une sécurité renforcée
Israël : Ouverture du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu

"En 244 ans de démocratie (depuis la révolution américaine, NDLR) il n'y a jamais eu personne inculpé pour avoir reçu une couverture favorable d'un média. Et dans mon cas, la couverture n'était même pas favorable", a ajouté M. Netanyahu qui a dit avoir demandé à ce que les audiences soient diffusées en direct à la télévision.

Des trois affaires, c'est cette dernière qui est la plus explosive mais peut-être aussi la plus complexe.

"Dans les cas classiques de corruption, tout tourne autour de l'argent (.), mais là il s'agit de corruption pour obtenir une couverture de presse favorable. C'est sans précédent", note Amir Fuchs, chercheur à l'Institut démocratique d'Israël, centre de recherche à Jérusalem.

"Ce n'est pas simplement offrir une couverture favorable (.), mais lui accorder un contrôle éditorial total sur les textes et les photos spécifiques", ajoute-t-il. Le parquet a lui plaidé pour qu'il soit entendu le plus rapidement, dans une affaire qui pourrait s'étirer sur des années. Les trois juges ont indiqué étudier ces demandes et ajourné la séance sans fixer de nouvelles dates pour la reprise des audiences. "Un nuage noir au-dessus de sa tête jusqu'au verdict " En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais il n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps de son procès.

Bien que Benyamin Netanyahou ait demandé une dérogation, il devra être présent à l'ouverture de son procès pour corruption, qui se tiendra le 24 mai.

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