Renault va supprimer 15.000 emplois dans le monde

Xavier Trudeau
Mai 29, 2020

"Ce qu'on veut, c'est rester dans le groupe Renault", a déclaré Mael Le Goff, délégué syndical CGT de la fonderie.

Renault a annoncé jeudi soir à ses syndicats qu'il prévoyait de supprimer 15.000 postes à travers le monde, dont 4.500 en France, dans le cadre d'un plan d'économies sur trois ans, a déclaré Franck Daout, représentant CFDT, à Reuters. Pour autant, la direction ne devrait pas annoncer de fermetures d'usines en France. Il prévoit de réduire les effectifs "sans licenciement sec", via des départs volontaires, des mesures de mobilité interne ou de reconversion.

Renault, qui a accusé l'an dernier sa première perte nette en dix ans, doit présenter vendredi matin aux analystes financiers et à la presse un plan d'économies de deux milliards d'euros pour tenter de redresser la barre.

La veille, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a dévoilé une stratégie de mutualisation accrue de ses programmes afin que l'efficacité prime désormais sur les volumes, tournant ainsi le dos à la stratégie d'expansion à marche forcée de Carlos Ghosn.

Les capacités de production du groupe au niveau mondial devraient être réduites, passant de 4 millions de véhicules actuellement à quelque 3,3 millions, sur une base de deux équipes (ce qui correspond à une production réelle potentielle plus élevée en ajoutant une troisième équipe).

En France, une procédure d'"information-consultation" des représentants du personnel commencera "à partir de la mi-juin", selon une source syndicale. Renault va suspendre des projets d'extension d'usines au Maroc et en Roumanie, envisage de réduire ses capacités de production en Russie, ses activités mécaniques en Corée du sud et la fabrication de boîtes de vitesse en Turquie.

Outre les réductions d'effectifs, les syndicats craignent aussi la fermeture de plusieurs petits sites, comme Choisy, Caudan et Dieppe, et la fin de l'assemblage de véhicules dans les usines de Flins et de Maubeuge pour rationaliser la production. Un conseil d'administration du groupe s'est réuni jeudi soir. L'usine, qui compte actuellement 2.600 salariés, sera reconvertie et récupèrera l'activité du site de Choisy-le-Roi, qui emploie 260 personnes dans une activité de recyclage de pièces.

Le plan annonce aussi une réflexion " pour imaginer un projet de reconversion à Dieppe à la fin de la production de l'Alpine 110", a ajouté cette source.

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