Un laboratoire chinois pense pouvoir stopper la pandémie "sans vaccin"

Claudine Rigal
Mai 22, 2020

Des chercheurs chinois affirment que l'humanité n'est pas condamnée à attendre la découverte d'un vaccin contre le nouveau coronavirus puisqu'un traitement expérimental sur lequel ils travaillent aurait lui aussi le potentiel de "stopper la pandémie ".

Autrement dit, le traitement pourrait non seulement accélérer la guérison des malades, mais aussi procurer une immunité temporaire à des individus en parfaite santé, avance le groupe de spécialistes. Il pourrait être diffusé plus rapidement qu'un vaccin. Sunney Xie, directeur du Centre d'innovation avancée de Pékin pour la génomique de l'université, a déclaré, à l'AFP, que le médicament avait connu une réussite au stade des tests sur les animaux.

"Au bout de cinq jours, leur charge virale avait été divisée par 2.500", assure-t-il.

Les résultats indiquent qu'en injectant ces anticorps à une souris avant de lui administrer le virus, elle reste à l'abri de l'infection. Son constat est optimiste. Elle voit en ce traitement "un remède" potentiel contre la maladie et confirme qu'il permettrait d'accélérer la guérison des malades.

Selon lui, le traitement pourrait être disponible avant la fin de l'année, à temps en cas de nouvelle offensive hivernale du Covid-19 qui, surgi en Chine à la fin de l'an dernier, a déjà contaminé 4,5 million de personnes dans le monde, dont plus de 316.000 mortellement.

"C'est prometteur, dans le sens que ça ouvre des pistes [pour la production de] ce genre d'anticorps ex vivo et éventuellement transformer ça en médicament, ce qui a déjà été fait pour d'autres maladies, par exemple pour traiter l'Ebola", fait remarquer Cécile Tremblay, médecin microbiologiste et infectiologue au CHUM.

En effet, la course aux vaccins, à laquelle participent de nombreux laboratoires, n'est en rien une garantie.

Des essais cliniques réalisés sur des humains seront bientôt réalisés. "Avec la décrue de l'épidémie en Chine, le géant asiatique ne dispose pas suffisamment de porteurs du virus pour procéder à des essais sur l'homme", précise l'AFP.

Mais la quantité de plasma disponible "est limitée", relève le professeur Xie.

Il ajoute que les 14 anticorps utilisés dans le cadre de son traitement expérimental pourraient, eux, être dupliqués facilement, à grande échelle, et offrir une immunité momentanée face au virus.

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