Une hausse de salaire promise au personnel soignant — France

Evrard Martin
Mai 27, 2020

La "reconnaissance" envers les soignants, "elle est immense dans notre pays, et elle se traduira, le président l'a dit, dans les rémunérations".

Applaudis aux balcons depuis dix semaines, les blouses blanches réclament la monnaie de leur pièce: "revalorisation significative des bas salaires" et "moratoire immédiat sur les fermetures de lits", a indiqué le collectif Inter-Hôpitaux. De premières conclusions sont attendues en juillet.

"Il n'y aura pas de demie mesure mais des choix forts, rapides et assumés", a souligné Edouard Philippe qui a défini les enjeux clés de cette grande concertation sociale.

Le Premier ministre a promis lundi que "le quotidien des personnels soignants" à l'hôpital changerait "dans les tous prochains mois".

"Ce que je crois, c'est que la crise exige de nous, non pas de changer de cap, mais de changer de rythme", a-t-il insité en soulignant que "cette concertation générale" entre gouvernement et partenaires sociaux déboucherait sur des décisions "en juillet". Le maître mot doit être celui du pragmatisme. Sur ce point, je le dis sans ambiguïté, la revalorisation sera significative.

"Le Premier ministre a assuré ce lundi que l'État allait investir " massivement " dans le secteur hospitalier, jugeant nécessaire d'" accélérer les projets " portés par les hôpitaux et de les accompagner " dans leurs démarches de désendettement ". Voici les chantiers évoqués par le chef du gouvernement.

Un plan d'investissement sera également lancé, même si Edouard Philippe l'a admis: cette question du financement de l'hôpital est " horriblement technique ".

Dans le cadre du dernier " plan hôpital ", " nous avions annoncé la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux publics, soit 10 milliards d'euros, ainsi que le lancement d'un plan d'aide à l'investissement de proximité de 150 millions d'euros par an ", a rappelé Édouard Philippe.

Emmanuel Macron a promis lors d'une visite à l'hôpital de Mulhouse le 25 mars "un plan massif d'investissement" pour l'hôpital à l'issue de la crise du coronavirus. La dette des hôpitaux publics français atteint aujourd'hui près de 30 milliards d'euros.

Sous l'égide du ministre, Olivier Véran, et de l'ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat, les syndicats hospitaliers, fédérations de directeurs, associations d'élus, représentants des médecins et des étudiants ont tenté d'exprimer leurs revendications.

LIRE AUSSI Soignants épuisés, pathologies aggravées. Une prise de position déjà relayée par Olivier Véran, qui a jugé nécessaire de remettre en cause les " carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage ". Et d'ajouter que l'objectif n'était "certainement pas" de "se lancer dans une course effrénée à la construction de nouveaux bâtiments, comme cela avait pu être le cas dans le passé", mais d'"accélérer les projets" et d'"accompagner les hôpitaux dans leurs démarches de désendettement".

" Nous avons commencé à privilégier la qualité des soins plutôt que les logiques comptables, les coopérations entre médecine de ville et hôpital, a-t-il déclaré".

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