Victime de la crise, Camaïeu dépose le bilan — Coronavirus

Xavier Trudeau
Mai 28, 2020

Ce lundi, les personnes rencontrées sur place indiquaient ne pas avoir d'informations et continuaient à faire des promotions et des cartes fidélité.

Il y a deux ans, la holding Modacin, propriétaire de la financière Brame et donc de Camaïeu, avait connu une procédure de sauvegarde. La dette s'élèverait à près de 250 millions d'euros.

C'est pourquoi, vraisemblablement la semaine prochaine, " nous allons demander (au tribunal de commerce, NDLR) la conversion de la procédure de sauvegarde en redressement judiciaire pour pouvoir faire des plans de cession partielle ".

" Nous avons reçu sept offres, émanant pour la plupart de concurrents, qui, à ce stade, reprendraient 3 195 personnes sur 5 391, donc 60 % ", a affirmé, ce mardi, Patrick Puy, P-DG de Vivarte. Par conséquent, "2.196 personnes, à ce jour, ne seraient pas reprises", a précisé M. Puy.

Dans les dix jours suivants, "nous allons travailler à améliorer ces offres", notamment en essayant d'augmenter le nombre de salariés repris, pour un dépôt des offres définitives vers le 8-9 juin, a-t-il précisé.

Enfin, avant fin juin, " nous demanderons au tribunal d'entériner, d'une part, ces cessions et, d'autre part, le plan social pour les personnes qui ne seraient pas reprises ".

Une de ces offres émane de Beaumanoir, le groupe breton ayant aussi récemment fait une offre pour Naf Naf. Il "se propose de reprendre la quasi-totalité de l'activité Mode de La Halle, soit la moitié du parc total (l'autre moitié étant des magasins destinés à la chaussure) et 2.500 emplois".

"Cela suppose toutefois que les pouvoirs publics, les banques comme les actionnaires se mobilisent en renfort de cette proposition pour sauvegarder durablement la marque française ", souligne Beaumanoir. "On s'attendait à mieux que ça". "Pour nous, ce placement en redressement judiciaire va servir à restructurer en profondeur l'entreprise et on craint de nombreux licenciements", a-t-il ajouté, affirmant que pour la CGT la crise sanitaire n'était "qu'un prétexte de la direction". Parmi les autres enseignes de vêtements et chaussures, Naf Naf, La Halle, Orchestra-Prémaman ont également particulièrement souffert de la crise.

Pour Claire Vigouroux de Force Ouvrière, "ce sont des annonces violentes", d'autant qu'aucune offre ne prévoit de reprendre les deux centres logistiques de l'enseigne qui emploient plus de 500 personnes dans l'Indre.

Un espoir qu'a déjà balayé M. Puy: "le PSE ne sera pas très généreux car nous n'avons pas les moyens de l'être ".

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