Volkswagen contraint de rembourser en partie ses clients — Dieselgate

Xavier Trudeau
Mai 26, 2020

En Allemagne, après le scandale du Dieselgate, quelque 60.000 procès ont été intentés contre Volkswagen par des clients mécontents qui ont exigé le remboursement, entièrement ou en partie, de leur voiture utilisant le logiciel tricheur du constructeur.

Presque cinq ans après son éclatement, le scandale des moteurs diesel truqués s'approche lundi de son épilogue judiciaire, avec un arrêt décisif en Allemagne dans le conflit opposant Volkswagen à des dizaines de milliers de clients.

Selon le juge Stephan Seiters, pendant plusieurs années, le groupe automobile a "trompé sciemment et systématiquement" les autorités, et cela "dans une optique de profitabilité", rapporte France24.com.

Dans un communiqué, Volkswagen a annoncé que le groupe fera une proposition de solutions à l'amiable pour solder "une grande partie des 60 000 procédures individuelles en cours".

La Cour s'intéressait au cas de Herbert Gilbert, 65 ans, qui a acheté d'occasion en 2014 une Volkswagen Sharan diesel, soit l'un des 11 millions de véhicules dans lesquels le constructeur a avoué en septembre 2015 avoir placé des logiciels truquant les émissions polluantes.

En appel, le propriétaire avait obtenu partiellement gain de cause: Volkswagen était condamné à reprendre le véhicule et à verser au client floué la somme de 25 000 euros, les juges ayant pris en compte la perte de valeur due à l'utilisation du véhicule.

Fin avril, l'affaire du Dieselgate avait déjà fait l'objet d'un procès sans précédent en Allemagne, similaire à une " class action " à l'américaine, regroupant des centaines de milliers de requérants. Il s'est achevé la semaine dernière. En vertu d'un accord à l'amiable, 235 000 clients vont être indemnisés, soit un total d'au moins 750 millions d'euros à débourser pour le groupe automobile allemand.

Cette somme peut paraître faible comparée aux plus de 30 milliards d'euros qu'a déjà coûtés le scandale au constructeur, principalement aux États-Unis.

Ce revers judiciaire devrait influencer les dizaines de milliers de requêtes de clients individuels qui se poursuivent devant les tribunaux allemands.

Au pénal, la page est tournée pour le patron actuel Herbert Diess, renvoyé devant un tribunal en septembre 2019 par le parquet de Brunswick pour manipulation des marchés, aux côtés du directeur du conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch.

Les seules enquêtes majeures restantes visent l'ex-patron Martin Winterkorn, renvoyé pour "manipulation du cours de Bourse" et "fraude aggravée", et l'ex-PDG d'Audi Rupert Stadler.

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