900 produits alimentaires concernés — Nanoparticules

Evrard Martin
Juin 11, 2020

Face à la diffusion des nanomatériaux manufacturés dans notre quotidien depuis la fin des années 1990, de nombreux questionnements relatifs à leur identification, leurs impacts sur la santé humaine et sur l'environnement, ainsi que la manière de les réglementer, ont vu le jour. Dans cette lignée, l'Agence propose aujourd'hui un état des lieux de la présence de nanomatériaux manufacturés dans l'alimentation ainsi qu'une méthode permettant de déterminer l'approche le plus adaptée pour l'évaluation des risques sanitaires des aliments contenant de tels matériaux. Tout d'abord, ils sont utilisés comme additif visant à améliorer l'aspect et l'appétence du produit. Enfin, certains ingrédients à vocation nutritive peuvent " se trouver à l'état nanoparticulaire ".

Pour ce rapport, elle a recensé les principaux usages des nanomatériaux manufacturés dans le domaine alimentaire.

Depuis 2013, les fabricants, les importateurs et les distributeurs de plus de 100 grammes de substances à l'état nanoparticulaire par an doivent obligatoirement faire état de leur identité, des quantités manipulées et des usages prévus. Ainsi, près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification "substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée", alerte l'Anses. Elle précise que ce comptage a été effectué avant la suspension de l'additif E171, le dioxyde de titane. Parmi les substances utilisées en tant qu'additifs ou ingrédients alimentaires et pour lesquelles dont la présence de nanoparticules est suspectée sont citées une trentaine de noms dont: "l'aluminium, le phosphate de magnésium, les sels de sodium, de potassium et de calcium d'acides gras". "Pour autant, cela ne peut être assimilé à une présence de nanomatériaux dans chaque produit ou lot", nuance-t-elle. Avant de lister: "Les sous-secteurs alimentaires les plus concernés sont le lait infantile (25,6%), les confiseries (15,6%), les céréales du petit-déjeuner (14,8%), les barres céréalières (12,9%), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9%)".

Après ce recensement, "la prochaine étape consistera à étudier les risques sanitaires que pourraient représenter ces substances pour les consommateurs", a indiqué l'agence. Voici l'objectif de l'expertise réalisée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

En raison des "incertitudes sur les risques" que représentent les nanomatériaux dans l'alimentation, l'Anses rappelle qu'elle conseille de "limiter l'exposition des consommateurs" aux nanomatériaux dans l'alimentation en évitant les "usages superflus" et "en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d'efficacité".

"Au regard des préoccupations que leur utilisation suscite, l'Anses a été saisie par la Direction générale de l'alimentation, la Direction générale de la santé, la Direction générale du travail, la Direction générale de la prévention des risques et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes", explique l'Anses.

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