Air France s'apprête à annoncer des milliers de suppressions de postes

Xavier Trudeau
Juin 29, 2020

Avions cloués au sol, personnel au chômage partiel... Le choc a été sans précédent pour la compagnie française comme pour ses rivaux internationaux, qui ont enchaîné ces dernières semaines les annonces de coupes claires dans leurs effectifs: 22.000 chez le groupe allemand Lufthansa, 12.000 chez British Airways ou encore 10.000 pour l'américain Delta Air Lines.

"L'ensemble des signataires s'oppose au fait que les milliards d'euros d'aides au groupe Air France puissent déboucher sur une destruction massive d'emplois dans le groupe Air France, ainsi que sur une déstructuration des périmètres industriels respectifs", écrivent-ils, en demandant à "être reçu (s) de manière collégiale dans les plus brefs délais" par le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith.

Les destinations au départ d'Orly disposant d'une alternative ferroviaire de moins de 2H30, comme Lyon, Nantes ou Bordeaux, sont menacées.

Christophe Malloggi, de FO Air France, dénonce des "mesures contraignantes pour l'emploi" liées au prêt de l'État et estime que "le gouvernement a un rôle à jouer". La direction d'Air France n'a pas voulu confirmer les chiffres qui circulent, de 8.000 à 10.000 suppressions de postes.

Que craignent les syndicats d'Air France?

Plusieurs syndicats de la compagnie Air France et de la filiale régionale Hop! se sont dits lundi opposés "à la destruction massive d'emplois dans le groupe Air France", à l'issue d'une réunion commune organisée quelques jours avant une annonce attendue sur l'emploi. Des syndicats comme le SNPL, majoritaire chez les pilotes, ou encore l'Unsa aérien, sont prêts à négocier pour "le bien de l'entreprise", mais les négociations s'annoncent ardues.

La direction du groupe veut faire en sorte que les suppressions d'emplois s'effectuent sur la base du volontariat, avec la mise en œuvre de ruptures conventionnelles collectives (RCC). Il s'agit de la première RCC chez Air France. La RCC les concernant viserait 1700 postes de stewards et hôtesses sur 13500. Enfin, au sol, fonctions supports et services administratifs sont aussi sur la sellette. "S'il n'y a pas assez de volontaires, que va-t-il se passer?", s'interroge-t-il en se disant "persuadé qu'à un moment donné, il va y avoir des licenciements secs".

Chez Hop!, Joël Rondel, secrétaire du CSE, redoute la suppression d'environ la moitié des 2.700 postes actuels.

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