Après le revirement de The Lancet, l’OMS reprend les tests — Chloroquine

Evrard Martin
Juin 7, 2020

Rappelons que mercredi dernier, le gouvernement a abrogé les dispositions dérogatoires qui autorisaient la prescription de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 à l'hôpital en France, hors essais cliniques.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi 3 juin, qu'elle autorise la reprise des essais sur l'hydroxychloroquine, quelques jours seulement après les avoir suspendus. Pour l'institution controversée, il n'y a finalement " aucune raison " d'arrêter les essais, après que l'étude de la revue The Lancet critiquant l'efficacité du traitement, s'est avérée peu fiable.

Les critiques mettaient en particulier en cause les données sur lesquelles se fondait l'étude (96 000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux sur les six continents), récoltées par la société américaine Surgisphere, dirigée par le quatrième auteur Sapan Desai. De leurs côté, les auteurs, le Dr Mandeep Mehra et ses collègues, défendent leur travail.

" Il est crucial que la communauté scientifique et le grand public comprennent la valeur et la légitimité de bases de données comme celle de Surgisphere ", a pour sa part plaidé le D Desai.

Dans le communiqué annonçant ce revirement, The Lancet dit prendre les questions d'intégrité scientifique très au sérieux. On la soupçonne également d'avoir falsifié ses données.

"L'incapacité à résoudre ces préoccupations fondamentales concernant les données" soulève "de sérieuses questions sur la norme de révision" et sur le processus d'examen par les pairs, a-t-il déclaré.

À en croire ses propos, la décision est l'aboutissement d'une réflexion des membres du Comité de sécurité et de suivi, qui après analyse des données disponibles sur la mortalité, ont jugé qu'il n'était pas nécessaire "de modifier le protocole" des essais cliniques. Il s'agit d'un essai clinique contrôlé et randomisé (patients choisis par tirage au sort), méthode considérée comme la plus solide. "Cela ne marche pas", estime Martin Landray, professeur à l'Université d'Oxford et codirecteur de l'étude RECOVERY.

Après la reprise annoncée des essais par l'OMS, d'autres résultats devraient arriver. "Espérons que les résultats seront disponibles bientôt", a commenté jeudi Stephen Evans de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Il a affirmé que les personnes traitées par l'hydroxychloroquine ou la chloroquine associée présentaient un risque plus élevé de décès et de problèmes de rythme cardiaque que les patients qui n'avaient pas reçu les médicaments. Dans ce cas, Sapan Desai s'est associé à cette rétractation et les responsables de l'étude ne donnent pas de précision sur les conditions qui les ont conduits à cette décision.

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