Deux ans de prison ferme pour l'ex-premier ministre François Fillon — France

Claudine Rigal
Juin 29, 2020

Penelope Fillon, sa femme, a été condamnée à 3 ans de prison avec sursis, 2 ans d'inégibilité et 375 000 euros d'amende. Les époux Fillon et leur co-prévenu ont été en outre condamnés à rembourser plus d'un million d'euros à l'Assemblée nationale.

Les espoirs de la défense d'une réouverture du procès après des déclarations de l'ancienne patronne du PNF Eliane Houlette sur des "pressions" procédurales de sa hiérarchie pendant cette enquête sensible ont été rapidement douchés par le tribunal, qui a rejeté leur demande en début d'audience. L'association anti-corruption Anticor a accueilli avec satisfaction ce lundi la condamnation à Paris de François Fillon et de son épouse.

Les trois accusés dans l'affaire Fillon (à savoir François et Penelope Fillon et l'ancien suppléant du premier, Marc Joulaud) ont écopé ce lundi des peines réclamées par le parquet, voire un peu plus dans le cas de Marc Joulaud.

La défense de François et Penelope Fillon avait déposé mardi dernier une demande des réouverture des débats afin que le dossier soit examiné au regard de nouveaux éléments.

À 66 ans, François Fillon, désormais retraité de la politique, s'est reconverti dans la finance.

Le tribunal est allé au delà des réquisitions en le condamnant à cinq ans d'inéligibilité, trois ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende avec sursis.

De son côté, le tribunal a jugé très sévèrement les faits, estimant dans sa décision que "M et Mme Fillon, en signant des contrats dont ils savaient qu'ils n'avaient aucune consistance, se sont rendus coupables de détournement de fonds publics et complicité".

Entre 1998 et 2013, la discrète Galloise de 64 ans a perçu au total 613.000 euros nets au titre de contrats connus seulement de quelques proches.

Les Fillon, qui ont peiné à apporter des preuves concrètes de son travail, ont décrit des tâches certes majoritairement orales - être " les yeux et les oreilles " du député, " donneuse d'ordres " pour le courrier arrivé en leur manoir sarthois... - mais indispensables, selon eux, à la carrière de l'homme politique.

"Pour l'accusation, au contraire, ces activités relèvent davantage du " rôle social d'un conjoint d'élu " que d'un réel emploi d'assistant parlementaire, lequel est donc " fictif ".

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