Elle voulait être pianiste, elle fut cantatrice : Mady Mesplé est morte

Pierre Vaugeois
Juin 2, 2020

La cantatrice Mady Mesplé, voix cristalline de l'opéra des années 1950 à la fin des années 1970, est morte samedi à Toulouse à l'âge de 89 ans, a-t-on appris auprès du Théâtre du Capitole de Toulouse, qu'elle a fréquenté toute sa vie. Elle pouvait tout interpréter, avec justesse et sensibilité et aura contribué à faire rayonner notre culture sur les scènes du monde entier. Elle était une cantatrice connue à la fois pour ses interprétations d'opéra, d'opérette, de musique contemporaine.

Demeurée le symbole d'une Toulouse amoureuse de beau chant, Mady Mesplé avait enregistré chez EMI le rôle de Lakmé de l'opéra de Léo Delibes sous la baguette du chef d'orchestre Alain Lombard. "Une grande dame vient de nous quitter", a réagi le ministre de la Culture, Franck Riester, ce dimanche 31 mai.

En 1953 à Liège, pour ses débuts à la scène, Mady Mesplé se glisse dans les vocalises étourdissantes de Lakmé, l'opéra orientaliste de Léo Delibes, dont le redoutable "air des clochettes " deviendra un des "tubes " de la soprano aux suraigus enjôleurs. Un rôle fétiche pour elle. Dans la production très remarquée des Contes d'Hoffmann d'Offenbach au Palais Garnier mise en scène par Patrice Chéreau, elle est Olympia, la poupée mécanique aux trilles ensorcelants. Elle voulait devenir pianiste mais le hasard en a décidé autrement au Théâtre du Capitole, où l'on remarque ses qualités vocales. Je n'ai pas l'impression d'avoir choisi. "Qu'est-ce qu'on peut faire contre cela ou pour cela" confiera-t-elle beaucoup plus tard.

Pourtant, elle était décrite comme un bourreau de travail. Atteinte de la maladie de Parkinson, Mady Mesplé devient en 1996 la marraine de l'Association France Parkinson et témoigne de son combat avec la grâce et la sincérité qui auront marqué son art, marqué sa vie. Elle venait à tous les spectacles au Théâtre du Capitole, avec une soif d'entendre de la musique.

Sa curiosité lui a aussi permis de rester au contact des compositeurs de son époque, par exemple Boulez qui l'utilisait dans Schoenberg, et Betsy Jolas, qui lui a dédié son Quatuor n°2 (pour soprano, violon, alto et violoncelle).

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a rendu hommage à "une des rares cantatrices françaises à mener une carrière réellement internationale, sa voix de soprano colorature au timbre et à la tessiture rare, a parcouru le monde".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL