La recette de Bank Al Maghrib — Crise du coronavirus

Xavier Trudeau
Juin 17, 2020

Tenant compte de ces évaluations, le Conseil a décidé, après la baisse de 25 points de base en mars dernier, de procéder à une deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5%, et de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques.

L'économie nationale accuserait une contraction de 5,2% en 2020, suivie d'un rebond de 4,2 en 2021, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib (BAM).

Pour ce qui est du taux directeur, représentant le coût de refinancement des banques auprès de la Banque centrale, qui conditionne l'évolution du coût de l'argent aussi bien pour le secteur privé que l'Etat, l'absence de pressions inflationnistes d'un côté et les conditions difficiles dans lesquelles devrait évaluer l'économie nationale au cours de la période avenir, de l'autre, pourraient motiver des baisses supplémentaires du taux directeur lors des prochains Conseils de Bank Al-Maghrib au titre de l'année 2020.

Ces nouvelles décisions, conjuguées aux différentes mesures d'assouplissement déjà mises en œuvre, notamment l'élargissement du collatéral éligible à ses opérations de refinancement, le renforcement de ses programmes non conventionnels, ainsi que l'allègement temporaire des règles prudentielles, devraient contribuer, avec celles prises par le Comité de Veille Économique, à atténuer l'impact de la pandémie et à soutenir la relance de l'économie et de l'emploi.

Aussi a-t-elle promis au regard de la conjoncture particulière qui prévaut actuellement de veiller plus que par le passé, à la transmission de ses décisions à l'économie réelle.

La valeur ajoutée agricole connaîtrait un recul de 4,6%, avec une récolte céréalière estimée par le Département de l'Agriculture à 30 millions de quintaux, et celle des activités non agricoles diminuerait de 5,3%, explique la même source. En effet, selon les scénarios d'une reprise plus lente de l'activité ou de la persistance de la faiblesse de la demande étrangère et des perturbations des chaînes d'approvisionnement, la récession serait beaucoup plus profonde.

3- L'inflation est revenue à 0,9 % en avril en lien essentiellement avec le repli des prix des carburants et lubrifiants.

6- Pour l'ensemble de l'année 2020, les exportations accuseraient une baisse de 15,8 % globalement, qui concernerait la quasi-totalité des secteurs.

Les recettes de voyage et les transferts des MRE devraient marquer des rebonds respectifs de 60% et de 5,2%, traduisant la dissipation graduelle de l'impact du choc de la pandémie.

8- Les entrées d'IDE devraient revenir à l'équivalent de 1,5 % du PIB cette année avant de retrouver leur niveau tendanciel de 3,2 % du PIB en 2021.

L'an dernier, le Maroc avait enregistré un taux de croissance de 1,5% contre 2,7% en 2018, du fait, déjà, d'une mauvaise pluviométrie.

10- Le taux de change effectif réel s'est apprécié au premier trimestre de 0,86 %, mais devrait ressortir en dépréciation de 1,6 % sur l'ensemble de l'année et de 1 % en 2021, résultat d'une dépréciation en termes nominaux et d'un niveau d'inflation domestique inférieur à celui des pays partenaires et concurrents.

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