L'Arcep dévoile le nouveau calendrier pour l'attribution des fréquences 5G

Xavier Trudeau
Juin 15, 2020

C'est une fourchette. Les enchères pour l'attribution des fréquences de téléphonie mobile de cinquième génération (5G) en France, décalées pour cause de coronavirus, auront lieu entre le 20 et 30 septembre 2020.

"La décision de l'Arcep est une bonne nouvelle car la 5G sera un levier indispensable pour attirer des investisseurs et muscler notre industrie", a aussitôt réagi Agnès Pannier-Runacher. "Dans le climat économique d'aujourd'hui, la 5G n'est pas la priorité du pays", avait notamment fait valoir fin mai Martin Bouygues, proposant plutôt de redoubler d'effort pour déployer la 4G.

Bouygues Telecom demandait un nouveau report pour, officiellement, se concentrer d'abord sur son réseau 4G.

Pour l'Etat, l'attribution des fréquences - pour 15 ans minimum - représente un magot minimal de 2,17 milliards d'euros. Qu'à cela ne tienne, le régulateur a confirmé la feuille de route du gouvernement en appelant l'ensemble des opérateurs à se mettre en ordre de bataille pour s'offrir les 11 derniers blocs de 10 MHz encore en lice sur la bande reine de la 5G, celle des 3,5 GHz.

On peut donc supputer que la 5G pourra être lancée avant la fin de l'année en France, d'autant que, surprise, l'Arcep a décidé de lever l'obligation d'une ouverture commerciale dans au moins deux grosses villes d'ici au 31 décembre. Pour les opérateurs, l'investissement est colossal et les retombées à court terme restent incertaines, d'où l'enthousiasme très relatif de Bouygues.

Si le géant chinois était mis hors-jeu pour des motifs de sécurité nationale, comme aux Etats-Unis où le président Donald Trump l'accuse d'être au service des intérêts de Pékin, Bouygues réclamera une indemnisation à l'Etat, ont prévenu ses dirigeants mercredi lors d'une audition parlementaire.

Sébastien Soriano dit l'avoir entendu en laissant le lancement commercial de la 5G "à l'initiative des opérateurs".

Alors que le Conseil d'État et le Tribunal de grande instance de Paris, saisis par des associations et des citoyens inquiets des potentiels effets néfastes de la 5G sur la santé et l'environnement, doivent se prononcer sur le principe de précaution, Sébastien Soriano a évoqué une " préoccupation légitime ".

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