Le "GPS chinois" finalisé avec un ultime satellite

Claudine Rigal
Juin 25, 2020

A l'instar des systèmes GPS américain, Glonass russe et Galileo européen, BeiDou offre depuis décembre 2018 une couverture mondiale en services de navigation et de positionnement, avec une précision pour le public inférieure à 5 m en Eurasie, et d'environ 10 m pour le reste du globe.

Ce trentième et ultime satellite de la troisième génération Beidou (Beidou-3) a été propulsé dans l'espace à 09 heures 43 locales (03h heures 43 à Paris) depuis le centre de lancement de Xichang, dans le sud-ouest de la Chine, par une fusée Longue-Marche 3, a indiqué la télévision publique CCTV.

Le GPS a un nouveau concurrent de poids. Initialement, le lancement devait avoir lieu la semaine dernière, mais il a été repoussé à ce jour à cause d'un souci technique, sans que plus de détails n'aient été donnés. De plus, le pays va pouvoir agir sans avoir à se soucier de l'armée américaine, ce qui est stratégique dans le cadre de missions militaires portant par exemple sur la localisation de missiles ou autre.

Ainsi, BeiDou 3 comprend désormais 30 éléments opérationnels: 3 satellites sur orbite géosynchrone inclinée de 55°, 3 satellites sur orbite géostationnaire, et 24 satellites sur orbite moyenne, culminant à 22 000 km et inclinée de 55°.

Pour Carter Palmer, spécialiste des questions spatiales au cabinet américain Forecast International, " la finalisation de Beidou-3 est un événement majeur pour la population chinoise mais aussi sans nul doute pour son armée ".

La Chine finalise son système de navigation, concurrent du GPS
La Chine termine la conception de son concurrent du GPS

La Chine a commencé à travailler sur son propre système GPS durant les années 1990 afin de réduire sa dépendance aux États-Unis, avec qui les relations sont loin d'être toujours au beau fixe.

Le système de navigation Beidou serait déjà utilisé dans de nombreux cas en Chine, que ce soit pour les smartphones, les véhicules des particuliers ou encore dans les bus. Par ailleurs, selon les médias d'Etat chinois, plusieurs dizaines de pays, dont le Pakistan, la Thaïlande, le Laos ou encore Bruneï, utilisent officiellement le système.

"La plupart des smartphones sous Android fonctionnent avec un positionnement multi-mode qui reçoit simultanément les signaux GPS, Beidou, Glonass et Galileo afin d'améliorer la précision du positionnement", souligne également Chen Lan, analyste pour le site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois. Une très bonne précision qui lui permet d'espérer gagner des parts de marché face au GPS.

Selon Jonathan McDowell, le système américain devrait ainsi conserver sa domination "lors des dix voire vingt années à venir ". L'enjeu financier est également important, le secteur de la navigation par satellite devrait peser cette année en Chine, selon un haut responsable cité par un média officiel, plus de 50 milliards d'euros.

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