Le Lutényl et le Lutéran présenteraient des risques de tumeurs cérébrales — Endométriose

Evrard Martin
Juin 19, 2020

L'Agence du médicament alerte à nouveau sur le risque de méningiome, une tumeur au cerveau, chez les femmes prenant du Luteran ou du Lutényl.

Cette nouvelle mise en garde concernent le Lutéran (acétate de chlormadinone) et le Lutényl (acétate de nomégestrol) et leurs génériques.

"Le risque augmente avec les fortes doses et un traitement sur une longue durée", souligne Jean-Michel Race, directeur des médicaments d'endocrinologie et gynécologie à l'ANSM. D'autre part, certains médicaments ne seront prochainement et définitivement plus commercialisés en France à la suite de décisions prises par les laboratoires qui les fabriquent (Surgestone, commercialisé par le laboratoire Serb, et Lutéran, commercialisé par le laboratoire Sanofi).

Plus de 400.000 femmes prenaient ce traitement en 2019. Il s'agit d'une tumeur, le plus souvent bénigne, qui se développe à partir des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière (les méninges).

Dans le détail, l'étude révèle que les femmes traitées plus de six mois par ces molécules sont exposées à un risque de développer cette tumeur multiplié par 3,3 et 3,4 respectivement, par rapport à des femmes non traitées avec ces médicaments.

Sur la base d'une étude épidémiologique réalisée chez un très grand nombre de patientes, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) indique que la prise de médicaments progestatifs pour traiter les troubles de la ménopause, des troubles menstruels et de l'endométriose accroît le risque de développer un méningiome. L'Agence recommande également une IRM cérébrale en cas de symptômes évocateurs d'un méningiome. Elle souhaite aussi limiter la durée d'utilisation de ces médicaments ainsi que leurs posologies aux doses minimales efficace.

Elle préconise aussi de proposer aux femmes de plus de 35 ans en cas de traitement prolongé (à partir de 5 ans), une imagerie cérébrale par IRM.

A l'automne, une concertation publique entre sociétés savantes, professionnels et associations de patients se tiendra pour faire le point et notamment revoir la pertinence des indications en regard du risque.

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