Les désaccords restent nombreux entre Pékin et Bruxelles — Sommet UE-Chine

Claudine Rigal
Juin 24, 2020

Les droits de l'homme, souvent fourrés sous le tapis des intérêts commerciaux, ont, semble-t-il, été évoqués "clairement et fortement" : "L'UE a exprimé ses préoccupations concernant la détérioration de la situation des droits de l'homme, y compris le traitement des minorités au Xinjiang et au Tibet et des défenseurs des droits de l'homme, ainsi que les restrictions aux libertés fondamentales", ont assuré les représentants de l'Union, qui ont fait part de "désaccords sur des sujets importants", et rappelé l'attachement de l'Europe à la démocratie et aux libertés.

"Ce mardi, Pékin a fustigé ces remarques".

L'assemblée a adopté vendredi une résolution demandant à l'Union européenne (UE) de traduire la Chine devant la Cour internationale de Justice de La Haye et à envisager des sanctions économiques si Pékin impose à Hong Kong sa nouvelle loi de sécurité, provoquant une réaction outrée du Parlement chinois. Mais il a été réduit à un échange par vidéoconférence, d'abord avec le Premier ministre Li puis avec le président Xi. De son côté, Pékin, qui a refusé d'organiser une conférence de presse commune, avait émis dès lundi matin des menaces voilées. "Nous n'avons pas réalisé les progrès que nous souhaitions dans la déclaration du sommet de l'année dernière pour surmonter les obstacles à l'accès aux marchés [chinois]", a déclaré Ursula von der Leyen lors de la conférence de presse qui a suivi le 22e sommet entre l'Union européenne et la Chine.

A la mi-juin, l'exécutif européen a publié un document intitulé "Lutte contre la désinformation liée au Covid" dans lequel il affirme que "des acteurs étrangers et certains pays hors UE, en particulier la Russie et la Chine, mènent des opérations d'influence ciblées et des campagnes de désinformation dans l'UE, les pays voisins et le reste du monde cherchant à saper le débat démocratique et à exacerber la polarisation sociale". A ce titre, elle considère ainsi que "les deux prochains rounds de négociation sur l'accord sur les investissements, le 29 juin et fin juillet seront décisifs" [Le Monde]. "Or les attentes des Européens ont été déçues". "Sinon, nous sommes déterminés à jouer une autre carte, celle de la défense de nos intérêts", a averti lundi un haut responsable européen.

Les Chinois sont pour leur part préoccupés par la nouvelle législation européenne sur les investissements étrangers et la prise de distance de l'UE à leur égard.

La Chine est résolument attachée à l'élargissement de l'ouverture et s'est engagée à créer un environnement commercial de classe mondiale et orienté vers le marché avec un cadre juridique solide pour les entreprises de tous les pays, a déclaré M. Li, ajoutant que les entreprises européennes en avaient profité. La Chine est le premier partenaire commercial de l'UE, vers laquelle elle a exporté en 2019, pour 198 milliards d'euros de marchandises, en important pour 362 milliards d'euros.

"Avant ce sommet, le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borell s'est dit inquiet face à la décision de la Chine".

Depuis l'établissement des relations diplomatiques, les relations entre la Chine et l'UE ont été généralement définies par la coopération, qui a amélioré le bien-être des deux peuples et a apporté la stabilité au monde, a-t-il indiqué.

"Les Etats-Unis ont ainsi tenté de "[mettre] en garde les Européens avant le sommet", le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo affirmant que "le Parti communiste chinois [voulait les] obliger à choisir" entre eux et la Chine.

L'UE veut "donner un nouvel élan politique" à ses relations avec la Chine, a déclaré dimanche à CNBC un responsable de l'UE, qui ne voulait pas être nommé en raison de la sensibilité des pourparlers.

M. Xi a souligné qu'il espérait maintenir une communication étroite avec les deux dirigeants de l'UE, faire avancer une série d'agendas politiques Chine-UE majeurs, et porter les relations bilatérales à un niveau supérieur. "Si cela n'est pas possible, ce serait regrettable", a-t-elle conclu. "Ursula von der Leyen a dit espérer que les conditions seraient réunies pour conclure " avant la fin de l'année " un accord sur la protection des investissements".

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