Pékin sanctionne à son tour des américains — Honk Kong

Claudine Rigal
Juin 30, 2020

Par ces mots, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif hongkongais, s'est refusée à dire si le texte avait été effectivement adopté.

Le parlement national à Pékin a voté ce texte à l'unanimité, ont affirmé mardi matin Now TV, RTHK et le South China Morning Post.

" Les États-Unis ne parviendront jamais à entraver les efforts de la Chine pour faire progresser la législation hongkongaise en matière de sécurité " , a ajouté le porte parole chinois.

Pour Pékin, il s'agit de mettre fin aux violences ayant émaillé les manifestations de 2019 et de réprimer le courant pro-indépendance dans le territoire. Elle entend réprimer le séparatisme, le terrorisme ou encore la collusion avec des forces étrangères dans l'ex-colonie britannique, qui bénéficie aujourd'hui d'un statut autonome.

Ignorant les appels de pays occidentaux et de l'opposition pro-démocratie hongkongaise, Pékin compte bien imposer ce texte, qui selon ses détracteurs menace l'autonomie et les libertés de l'ex-colonie britannique.

Des militants comme Joshua Wong, qui a fait de la détention pour ses activités, sont régulièrement attaqués par les médias chinois qui les qualifient de "séparatistes" alors même que Demosisto n'appelle pas à l'indépendance de Hong Kong. La ville se transformera en un #étatdepolicesecrète. Un "organe de sécurité nationale", relevant du gouvernement central, devrait par ailleurs être institué à Hong Kong - une première. Il sera notamment chargé de collecter des informations.

L'idée de confier à un organisme du pouvoir chinois des prérogatives dans le territoire autonome inquiète fortement l'opposition locale. Washington accuse la Chine d'avoir remis en cause ses engagements internationaux et le principe "Un pays, deux systèmes" qui octroyait au territoire de 7,5 millions d'habitants une vaste autonomie depuis sa rétrocession par Londres en 1997. Car la séparation des pouvoirs n'existe pas en Chine continentale, dirigée par le PCC. L'Union européenne (UE) avait fait part de sa "grave préoccupation".

"Je vais continuer à défendre ma maison, Hong Kong, jusqu'à ce qu'ils me réduisent au silence et m'éliminent de cette terre", a-t-il écrit sur Facebook.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient également appelé en juin à revenir sur ce projet.

Anticipant le vote et fermement opposé à Pékin sur le dossier hongkongais, Washington avait annoncé lundi la fin des ventes d'équipement de défense sensible à Hong Kong pour éviter "qu'il tombe aux mains" de l'armée chinoise.

Cette réponse intervient après que les États-Unis ont annoncé la mise en place dès vendredi de restrictions de visas visant certains responsables chinois accusés de remettre en cause l'autonomie hongkongaise. La Chine a répliqué avec une mesure similaire visant les Américains " s'étant mal comportés " en critiquant la loi.

Carrie Lam a fustigé les pressions occidentales dans un message vidéo diffusé lors de la session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU: " J'exhorte la communauté internationale à respecter le droit de notre pays à garantir la sécurité nationale et les aspirations à la stabilité et à l'harmonie de la population de Hong Kong ".

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