Sanofi veut supprimer 1000 emplois en France

Xavier Trudeau
Juin 28, 2020

Le projet s'inscrit dans une nouvelle stratégie lancée en décembre: quelques mois après l'arrivée du Britannique Paul Hudson, premier patron non francophone du groupe, Sanofi avait annoncé vouloir économiser deux milliards d'euros d'ici à 2022, notamment avec un désengagement dans le diabète et le cardiovasculaire pour miser sur l'oncologie. "En France, environ un millier de postes, sur les 25.000 que compte le groupe, seront ainsi supprimés dans les trois ans qui viennent sous forme de volontariat, donc une moyenne de 350 par an, annonce Paul Hudson".

Une réunion est prévue lundi pour "dérouler la feuille stratégique" aux partenaires sociaux français.

Si aucune fermeture des 18 usines implantées en France n'est prévue, d'autres sites tertiaires seront touchés, notamment au siège international à Paris ou encore au campus val de Bièvre (Val-de-Marne).

Ce nouveau plan de suppression de postes est "énorme".

S'inquiétant de l'annonce de ce plan "dans un climat anxiogène actuellement pour tous les salariés du groupe" et une semaine après le suicide d'une salariée sur son lieu de travail à Gentilly (Val-de-Marne), la responsable CFDT a souligné que "ce sont des humains qui sont ballottés" par la stratégie du groupe "annoncée en décembre", qui entraîne ces suppressions de postes. Sanofi veut passer d'un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine.

"C'est catastrophique, insupportable, inacceptable et honteux", a également fustigé auprès de l'AFP Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi. "On n'a plus de mots tellement on est dans la restructuration permanente", a dénoncé Thierry Bodin. Nous partageons d'ailleurs la vision du Président de la République en matière d'industrie de santé, notamment en termes de relocalisation, raison pour laquelle nous avons annoncé la création d'un nouveau leader européen pour la fabrication des principes actifs des médicaments, basée en France.

Le chiffre d'affaires du laboratoire a progressé de 6,9 % lors du premier trimestre de 2020 pour atteindre les 9 milliards d'euros.

Ce jour-là, Sanofi n'évoque pas de plan de départ, même si "les autorités françaises savaient qu'on avait une réorganisation à mettre en place", a indiqué vendredi à l'AFP Olivier Bogillot, le président France du groupe pharmaceutique.

A contre-courant de nombre d'entreprises, Sanofi a aussi prévu de verser un dividende supérieur à celui de l'année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. Emmanuel Macron avait notamment appelé à ce que ce vaccin soit "extrait des lois du marché ". À contre-courant de nombre d'entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL