Sous pression, Facebook durcit sa politique de modération des contenus

Xavier Trudeau
Juin 29, 2020

"Plus précisément, nous élargissons notre politique relative aux annonces afin d'interdire les allégations selon lesquelles des personnes d'une race, d'une origine ethnique, d'une origine nationale, d'une appartenance religieuse, d'une caste, d'une orientation sexuelle, d'une identité de genre ou d'un statut d'immigrant spécifiques menacent la sécurité physique, la santé ou la survie d'autrui".

27 juin (Reuters) - Facebook a annoncé vendredi qu'il allait commencer à signaler les contenus qui enfreignent les règles du réseau social et qu'il ajouterait à tous les posts et encarts publicitaires au sujet des élections des liens renvoyant aux informations données par les autorités.

Comme structures ayant répondu très favorablement à l'appel des organisations de la société civile américaine, on peut citer: Coca Cola, le géant de l'agroalimentaire et des cosmétiques Unilever, la société américaine de télécoms Verizon, le glacier Ben & Jerry's (Unilever), les fabricants d'articles de loisirs en plein air Patagonia, North Face et REI, ainsi que l'agence de recrutement Upwork.

En refusant de censurer plus tôt les messages politiques de Donald Trump, Facebook a contribué à propager ses mensonges et incité à la violence (en échange d'une assurance que son entreprise ne serait pas démantelée?) mais il semblerait qu'il ait misé sur le mauvais cheval. Il cite notamment Procter & Gamble, Walmart, Microsoft, Amazon, le New York Times.

Twitter, considérant qu'il y avait incitation à la haine, avait masqué ces derniers propos du président américain, et réduit leur circulation potentielle, tout en les laissant disponibles à la consultation. Sous une telle pression, y compris celle exercée par des collègues de Facebook, Mark Zuckerberg ne pouvait que durcir sa position.

La plateforme pourra bientôt ajouter des avertissements aux publications problématiques, mais laissées en ligne au nom de leur "intérêt à être connues du public".

L'action de Facebook a clôturé vendredi en baisse de 8% et celle de Twitter a perdu 7% après qu'Unilever a annoncé suspendre ses publicités sur Facebook, Instagram et Twitter jusqu'à la fin de l'année, évoquant "des discours de haine et de division pendant cette période électorale polarisée aux Etats-Unis".

L'élection "s'annonçait déjà bouillante, et c'était avant de faire face aux complexités additionnelles liées à la pandémie et aux manifestations pour la justice raciale dans tout le pays", a remarqué Mark Zuckerberg en préambule.

Le fondateur du groupe californien s'est engagé à ce que ses équipes soient mobilisées pour contrer toute tentative de manoeuvres visant à dissuader certaines populations de voter.

Il a fallu frapper là où cela fait mal, sur ses résultats, pour que Mark Zuckerberg agisse.

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