Une peine de prison ferme pour François Fillon — Emplois fictifs

Claudine Rigal
Juin 30, 2020

"Celle-ci espérait rebondir sur de récentes déclarations de l'ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) qui a récemment fait état de "pressions" procédurales" de sa hiérarchie pendant l'enquête.

La présidente de la 32ème chambre correctionnelle de Paris, Nathalie Gavarino, dira d'abord si elle accepte ou non de rouvrir les débats, comme le réclament les conseils de François Fillon, de son épouse Penelope et de Marc Joulaud, l'ancien suppléant du député Fillon dans la Sarthe.

La défense, qui dénonce depuis trois ans une enquête "à charge" menée en pleine campagne présidentielle, espère que le tribunal attendra l'avis du CSM et la fin de la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, devant laquelle s'exprimait Mme Houlette, pour en discuter et statuer. Si elle refuse, elle rendra sa décision dans la foulée.

Donné favori à la présidentielle, le chantre de la droite conservatrice avait finalement été éliminé au premier tour, après une campagne minée par cette affaire révélée par le Canard Enchaîné. À 66 ans, l'ancien ministre reconverti dans la finance risque très gros.

Le tribunal correctionnel de Paris, qui n'a pas prononcé de mandat de dépôt, a assorti la condamnation de François Fillon d'une amende de 375 000 euros et d'une peine d'inéligibilité de dix ans. Une peine non aménageable. Et de la même manière, elle devra verser une amende de 375 000 euros.

Marc Joulaud, maire sortant de Sablé-sur-Sarthe, battu dimanche soir aux municipales mais élu au conseil municipal, a quant à lui été condamné à trois ans d'emprisonnement avec sursis, 20.000 euros d'amende avec sursis et cinq ans d'inéligibilité.

En commençant son propos par la déclaration de culpabilité des trois prévenus (le couple, plus Marc Joulaud, l'ex-suppléant de François Fillon à l'Assemblée), elle a expliqué le résultat de tout le travail judiciaire: "Ni l'enquête, ni l'audience n'ont permis de mettre à jour des missions effectuées par Mme Fillon". Car Fillon n'est pas Balkany et cette condamnation qui l'accable aurait tout aussi bien pu s'appliquer à Jacques Chirac pour les " frais de bouche " de l'Hôtel-de-ville de Paris.

Pour le tribunal, ses contrats n'avaient "aucune consistance" et ne répondaient à "aucun besoin". Pour l'accusation, le tout relève "davantage du rôle social d'un conjoint d'élu" que d'un réel emploi d'assistant parlementaire, lequel est donc "fictif".

L'ancien Premier ministre François Fillon a été condamné lundi à Paris à cinq ans de prison, dont deux ferme, dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle il y a trois ans. Partie civile, l'Assemblée nationale réclame plus d'un million d'euros de dommages et intérêts si les emplois litigieux étaient jugés fictifs.

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