Wirecard: scandale financier en Allemagne au parfum de faillite d'Enron

Xavier Trudeau
Juin 27, 2020

Le groupe texan, qui gonflait artificiellement ses profits, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière, avait fini par faire faillite.

Wirecard, au coeur d'un scandale d'irrégularités comptables, a dit craindre lundi qu'une somme totale de 1,9 milliard d'euros comptabilisée dans son bilan n'ait en fait jamais existée, un trou énorme qui menace la survie de l'entreprise.

Au départ Wirecard est une start-up bavaroise créée en 1999, servant d'intermédiaire dans des paiements électroniques réalisés pour l'industrie du porno et des jeux en ligne.

Longtemps coqueluche des investisseurs, le spécialiste allemand des paiements, qui compte des géants comme Visa et Mastercard parmi ses clients, a entamé en urgence des négociations avec ses banques créancières, auxquelles il doit environ 1,75 milliard d'euros, pour tenter d'éviter une crise de liquidité due à ce trou dans la caisse, qui représente environ un quart de son bilan.

Markus Braun s'est livré de lui-même aux autorités après le lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre.

Les dernières découvertes sur les comptes présumés fictifs en Asie n'ont fait qu'amplifier les soupçons.

Pour aggraver le tout, l'avocat jouant le rôle d'agent fiduciaire censé superviser aux Philippines la gestion des comptes pour Wirecard est introuvable.

Le cours boursier de Wirecard s'est écroulé jeudi et vendredi derniers.

Le parquet de Munich enquêtait déjà sur l'ensemble du directoire de la fintech depuis début juin, en partant d'informations erronées données au printemps aux investisseurs pour les rassurer sur les risques de fraude. Et affirmé ne pas pouvoir " exclure une révision des résultats des années précédentes ". Lorsqu'il sera libéré, il devra se présenter à la police chaque semaine.

Enfin, les gestionnaires d'actif DWS, au sein de Deutsche Bank et qui a soldé dernièrement toutes ses positions sur le titre Wirecard, a déjà déclaré son intention de porter plainte contre l'entreprise et sa direction.

Dans leur viseur, la société Wirecard et ses dirigeants, mais aussi les commissaires aux comptes d'EY, qui ont approuvé sans sourciller les états financiers jusqu'à l'année 2018 comprise.

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