5G : "pas de bannissement total" de Huawei en France, indique l'Anssi

Xavier Trudeau
Juillet 7, 2020

Interdire aux opérateurs télécoms déjà équipés d'infrastructures Huawei de recourir à l'équipementier chinois pour la 5G pourrait engendrer une distorsion de la concurrence sur le marché français, estimait en février Martin Bouygues, dont le groupe n'excluait pas de porter si nécessaire l'affaire en justice.

Notons qu'il y a seulement trois équipementiers, qui sont capables de fournir les matériels pour le déploiement de la 5G. Cependant, selon les dires de Guillaume Poupard " il y aura des refus ", soulignant que c'est uniquement Huawei qui est concerné par ces mesures. Par ailleurs, ces dernières interviennent dans un contexte de conflits diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine.

Alors que l'Arcep, le régulateur des télécoms, a fixé à septembre les enchères pour l'attribution des nouvelles fréquences et que les premières offres commerciales pourraient être disponibles en France avant la fin de l'année, les deux opérateurs s'inquiètent de devoir changer d'équipementier, ou même démonter leurs anciens équipements en cas d'incompatibilité. En plus de cela, on retrouve une limite d'exploitation pouvant aller au maximum jusqu'à 8 ans pour Huawei.

Ils ont prévenu qu'ils demanderont une compensation si l'Etat barre la route au groupe chinois. "Il faut développer la 5G dans des conditions économiques acceptables pour les opérateurs télécoms et aussi souveraines, qui nous permettent de ne pas être dépendants de tel ou tel équipement ou pays", a expliqué le directeur de l'Anssi.

"Beaucoup d'antennes installées sont compatibles avec la 5G", a-t-il notamment réagi au sujet du caractère dissuasif de ces restrictions, compte tenu du montant à investir pour les opérateurs.

"Nous sommes dans une gestion de risques".

" Nous ne sommes pas dans du Huawei bashing, ni dans du racisme anti-chinois", se défend-il.

"Réfutant des décisions hostiles à Huawei ( " une belle boite "), M Poupard ne réfute pas la dimension (géo) politique de la décision: " Nous disons juste que le risque n'est pas le même avec des équipementiers européens, qu'avec des non-européens. Singtel, l'un des principaux opérateurs de télécommunications de la ville-état, a déclaré mercredi qu'il avait choisi le suédois Ericsson pour construire son réseau 5G après l'approbation finale du gouvernement. "En référence à l'incident SFR du site de la Défense dans une phase de test ou on découvre que le flux de données est renvoyé en Chine, ou aux Pays-Bas qui accusent Huawei d'un vol massif de données (Le Monde du 16 mai 2019), c'est un non-sens de privilégier un acteur extra continentale alors que pour une fois l'Europe détient une technologie de qualité pour imposer son indépendance." déclare Frans Imbert Vier, expert franco-suisse en souveraineté des données.

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