Démission du n° 2 et de la DRH d’Ubisoft — Accusations de harcèlement

Xavier Trudeau
Juillet 12, 2020

L'éditeur de jeux vidéo français Ubisoft a annoncé, dimanche, le départ de plusieurs cadres du groupe après avoir mené une enquête sur des accusations de "mauvaise conduite et de comportements inappropriés", alors que se multipliaient les témoignages sur le sexisme et les atteintes aux femmes dans ce milieu très masculin.

-Serge Hascoët, le numéro 2 d'Ubisoft, et décrit comme un véritable monstre, démissionne.

Dans les faits donc, le numéro deux de l'entreprise " Serge Hascoët a choisi de démissionner de son poste de Chief creative officer, avec effet immédiat. "Ce rôle sera assumé dans l'intérim par Yves Guillemot", a souligné l'entreprise dans un communiqué. De l'autre côté de l'Atlantique, c'est Yannis Mallat, en charge des studios canadiens, qui a quitté ses fonctions.

"Ubisoft n'a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif", a regretté Yves Guillemot, PDG du groupe. "Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n'ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas", a affirmé le dirigeant ce dimanche.

Pendant cette période, Yves Guillemot supervisera personnellement une refonte de la façon dont les équipes créatives collaborent, indique encore le document. "Les récentes allégations apparues au Canada à l'encontre de nombreux salariés ne lui permettent pas de continuer à assurer ses responsabilités", est-il écrit. La firme promet de "restructurer et renforcer la fonction RH afin de l'adapter aux nouveaux défis qui se posent à l'industrie des jeux vidéo" et va faire "auditer et améliorer ses procédures et politiques" en la matière.

Dès fin juin, de tels témoignages anonymes de salariés ou d'anciens salariés d'Ubisoft étaient apparus sur Twitter, visant des cadres des studios de Toronto et Montréal, mais aussi au Brésil, en Bulgarie et aux Etats-Unis, et concernant parfois des faits remontant à plusieurs années. Le 4 juillet, une semaine après l'apparition des premières accusations sur les réseaux sociaux, Yves Guillemot avait annoncé la démission de Maxime Béland et la mise à pied de Tommy François, tous deux vice-présidents de l'éditorial, après avoir promis la veille des "changements fondamentaux" au sein de l'entreprise.

En faisant le ménage aussi haut, l'éditeur a voulu montrer qu'il était déterminé à " mettre en œuvre des changements majeurs dans sa culture d'entreprise " et qu'il prenait à bras-le-corps le problème. "Alors que nous nous engageons collectivement à construire un Ubisoft meilleur, j'attends de tous les managers du Groupe qu'ils accompagnent leurs équipes avec le plus grand respect".

Ubisoft fait face à une libération de la parole, un Me too du monde des jeux vidéos, pour dénoncer une culture sexiste et une forme d'omerta qui pourrait ne pas concerner que le leader français.

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