Darmanin "s'étouffe" sur le terme "violences policières" : la famille Chouviat "scandalisée"

Claudine Rigal
Juillet 29, 2020

"D'un côté, on se dit qu'un personnage à ce niveau-là choisit ses mots et que ce terme n'a pas été choisi par hasard". "Il peut y avoir des dérives, qu'on doit sanctionner et je pense que le gouvernement les sanctionne et s'il ne le fait pas, la presse, les syndicats, les parlementaires rappellent à la hiérarchie policière, au ministre de l'Intérieur, ce qu'il doit faire et c'est bien légitime", a-t-il estimé.

L'expression "j'étouffe" utilisé par le ministre de l'Intérieur a engendré une polémique sur les réseaux sociaux alors que les "violences policières" sont régulièrement dénoncées, que cela soit lors des manifestations des gilets jaunes ou lors de marches en hommage à Adama Traoré ou Cédric Chouviat.

Arié Alimi, l'un des avocats de la famille Chouviat, a lui aussi réagi sur le réseau social aux propos de Gérald Darmanin, estimant qu'il avait dépassé "les limites de la décence".

"D'évidence, le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité par cette saillie abjecte à tenter une pathétique manœuvre de diversion".

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations. Il n'y avait aucune arrière-pensée.

Gérald Darmanin a affirmé devant la commission des lois de l'Assemblée nationale que le terme de "violences policières" était contradictoire, car la police exerce, selon lui, "une violence légitime".

"La police exerce une violence certes mais une violence légitime".

Et pour cause: non seulement une fois de plus le ministère de l'Intérieur refuse d'admettre que les violences policières sont un problème majeur d'intérêt public - en dépit des efforts renouvelés de David Dufresne et des collectifs contre les violences policières -, mais en plus, ses mots font écho de manière insupportable à ceux de Cédric Chouviat. Après, elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée.

Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans, a eu un malaise lors de ce contrôle policier le 3 janvier près de la Tour Eiffel, au cours duquel il a été plaqué au sol avec son casque sur la tête.

"Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit". "Terrible choix des mots pour un terrible déni coupable", a critiqué sur Twitter l'eurodéputée LFI Manon Aubry.

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