La médecin d'une vidéo retweetée par Trump croit aux humains "reptiliens"

Claudine Rigal
Juillet 29, 2020

Interrogé sur cette médecin mardi en conférence de presse, Donald Trump l'a jugée " très impressionnante ".

Visiblement fatigué, le locataire de la Maison Blanche a laissé pointer de l'amertume face à la popularité de l'immunologue Anthony Fauci et des autres scientifiques membres de la cellule de crise de la Maison Blanche.

La médecin pro-hydroxychloroquine au centre d'une vidéo retweetée par Donald Trump - et supprimée par Facebook, YouTube et Twitter pour désinformation - a promu par le passé l'idée que les Etats-Unis étaient gouvernés par des " reptiliens " et que les problèmes gynécologiques étaient liés à des relations sexuelles avec des esprits du mal. La vidéo affirme entre autres que les masques ne sont pas nécessaires pour arrêter la maladie. Cette dernière avait déjà été retirée par Facebook lundi soir, a indiqué un porte-parole du premier réseau social mondial.

Pendant une demi-heure, selon le quotidien américain, M. Trump a aussi partagé 14 tweets pour défendre l'utilisation de l'hydroxychloroquine, un médicament antipaludique que le président a promu à plusieurs reprises mais dont plusieurs études scientifiques ont montré l'inefficacité dans le traitement du Covid-19.

"J'ai beaucoup lu sur l'hydroxy", a-t-il lancé, avant d'assurer que le dossier était devenu "politique". " On peut guérir du virus, cela s'appelle l'hydroxychloroquine", déclare la médecin, Stella Immanuel, qui apparaît dans la vidéo parmi d'autres blouses blanches devant la Cour suprême. Dans une vidéo de 2015, elle dit que les dirigeants des Etats-Unis sont des "esprits reptiliens", "mi-humains, mi-extraterrestres".

Il y a une semaine, le milliardaire républicain avait, semble-t-il sous l'effet de sondages catastrophiques à l'approche de l'élection du 3 novembre, opéré un virage spectaculaire.

Après une amélioration vers la fin du printemps, l'épidémie a repris de plus belle aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 148.000 morts. Reconnaissant la gravité de la crise sanitaire - "cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s'améliorer" - il avait appelé clairement à porter le masque, et loué ses excellentes relations avec les experts de la "task force" sur le virus.

"Je ne tweete pas".

"Je vais juste continuer à faire mon travail quoi qu'il arrive parce que je pense que c'est très important".

Depuis plusieurs jours, Donald Trump assure que la sortie de la crise sanitaire est en vue grâce au "génie" pharmaceutique américain.

Au total, Washington a dépensé 6,3 milliards depuis mars pour financer des projets concurrents, chez des laboratoires établis comme Johnson & Johnson, Pfizer et AstraZeneca, et chez deux petites sociétés de biotechnologie, Novavax et Moderna.

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