Le bruit sismique d'origine humaine a diminué de 50 % pendant le confinement

Alain Brian
Juillet 26, 2020

Publié le 25 juil. Les rues étaient vides, les magasins fermés, les usines à l'arrêt.

Cette étude a été dirigée par les sismologues Thomas Lecocq et Koen Van Note de l'Observatoire royal de Belgique. "Le niveau de bruit sismique que nous avons observé pendant le confinement a duré plus longtemps et était souvent plus silencieux que la période entre Noël et le Nouvel An ". Plus d'une soixantaine de sismologues du monde entier se sont mis à l'écoute des vibrations du sol de leurs villes et ont mis en commun leurs résultats, aboutissant à la publication de cette étude.

Localisation des 268 stations sismiques mondiales.

Comme les vagues de l'océan, les rivières, les tremblements de terre ou d'autres événements géophysiques naturels, l'activité humaine est une source majeure de signaux sismiques. Les chantiers de construction, les transports ou même les événements rassemblant des foules comme les matchs de foot provoquent des ondes repérables par les sismomètres.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données de plus de 300 stations sismiques à travers le monde, entre janvier et mai 2020. Mais pas uniquement. La durée et le calme de cette période correspondent à la réduction du bruit sismique mondial la plus longue jamais enregistrée, mettant en évidence l'impact des activités humaines, ou anthropiques, sur la Terre.

En temps normal, l'accumulation des déplacements des voitures et machines industrielles entraîne un bruit de fond sismique quasiment continu en milieu urbain. Le confinement a représenté pour les chercheurs une occasion unique de déterminer la part de sismicité d'origine humaine, mais aussi de prêter l'oreille aux faibles signaux sismiques, de sources souterraines, habituellement couverts par l'activité humaine. "Il est important de distinguer le bruit anthropique, afin que les sismologues puissent mieux écouter la Terre, en particulier dans les villes, et surveiller les mouvements du sol sur lequel nous marchons ", poursuit-il. En effet, dans un contexte d'urbanisation croissante et d'augmentation de la population à l'échelle mondiale, davantage de personnes vont vivre dans des zones géologiquement dangereuses.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL