Plus de 3.500 postes supprimés à Toulouse — Airbus

Xavier Trudeau
Juillet 3, 2020

Ce qui ramènerait le tribut de l'Allemagne de 5.000 à 3.000 postes.

Le site de Méaulte (Somme) de Stelia Aérospace, filiale du groupe aéronautique européen où sont fabriqués les cockpits, sera "très impacté" avec la perte de 290 emplois, soit 20% des effectifs, ont également dit les syndicats.

Airbus a levé, hier, le voile sur la répartition par site des 15 000 suppressions de postes envisagées d'ici l'été 2021 dans le cadre de son plan de restructuration.

A l'annonce du plan social d'Airbus, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait jugé son ampleur "excessive".

"Selon le président d'Airbus Guillaume Faury, rappelant qu'" aucune décision finale n'a encore été prise ", 1500 postes pourraient être sauvés en France et 2000 en Allemagne (pays le plus touché avec 5100 suppressions annoncées). Il concernera 5 000 postes en France avec une majorité de chômage partiel de longue durée, des départs à la retraire anticipés et des départs volontaires.

"Les départs naturels dans le groupe, c'est 6.000 par an au niveau mondial, donc si on le fait sur deux ans, on peut absorber une partie de ce plan par l'érosion naturel", calcule Jean-François Knepper, du syndicat Force ouvrière, qui qualifie de "cataclysme" le plan présenté par la direction.

"Si Airbus et la sous-traitance de rang 1 peuvent surmonter la crise avec des plans sociaux négociés, les sous-traitants des rangs 2 et 3 peuvent être dévastés par les conséquences industrielles en cascade", a déclaré jeudi le président du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d'Occitanie, Jean-Louis Chauzy.

Toulouse, où Airbus et ses filiales emploient quelque 25 000 salariés, "est la capitale de l'aéronautique, quand l'orage arrive, elle est plus mouillée que les autres" mais "ce n'est pas une raison pour justifier tout et n'importe quoi", a-t-il ajouté.

"Nous allons vers un cataclysme social à l'automne", a mis en garde M. Knepper, dont le syndicat est le premier de l'avionneur.

Outre-Rhin, "jusqu'à 500 emplois pourraient être sauvés si le gouvernement allemand nous soutient, par exemple par le biais du programme de développement d'avions à hydrogène".

Florent Veletchy, délégué syndical central de la CFTC, 3ème syndicat du groupe, précise que 2.823 "cols blancs" et 1.425 "cols bleus", selon la terminologie Airbus, sont menacés. La déléguée CFE-CGC Françoise Vallin relève, elle, le "risque pour la survie de petites entreprises fragilisées avant la crise". "Il faut donc tout mettre en œuvre pour la préserver", a pour sa part réagi la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga. Cela passera par la préservation des compétences et des emplois au sein des PME/ETI des territoires en mobilisant l'ensemble des outils de formation auxquels les salariés et demandeurs d'emploi ont droit. L'Etat a annoncé un plan de relance du secteur aéronautique de 15 milliards d'euros, qui englobe l'aide prévue pour Air France.

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