Équipements pour opérateurs : Huawei accompagné poliment à la porte par la France

Xavier Trudeau
Juillet 25, 2020

Les opérateurs français pourraient encore réussir à obtenir une autorisation de huit ans pour l'équipement Huawei dans certains cas, et pourraient encore décider d'utiliser son équipement pendant cette période, ont déclaré les sources.

Cette position est finalement assez proche de celle de Guillaume Poupard de l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), qui expliquait qu'il n'y aurait pas un bannissement total de Huawei, avant d'enchaîner en précisant que "les opérateurs qui n'utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller, car c'est un peu le sens naturel des choses".

Les décisions de l'ANSSI n'ont été rendues publiques ni par l'agence ni par les entreprises.

Un porte-parole du cabinet du Premier ministre, qui supervise les autorisations sur les équipements 5G, a déclaré que l'ANSSI travaillait avec des opérateurs dans le cadre juridique, ajoutant que toute autorisation accordée à l'heure actuelle n'empêchait pas de savoir si ces autorisations seraient ultérieurement renouvelées ou interrompues.

"L'autorisation sous trois ans c'est une blague", a déclaré l'une des sources, ajoutant qu'aucun opérateur télécoms ne prendrait le risque d'investir dans un nouvel équipement qui met au moins huit ans à être amorti.

Ces limitations auront pour conséquence dans les faits une sortie progressive de Huawei des réseaux 5G en France à l'horizon 2028 en raison de la brièveté des autorisations accordées, ont dit les sources qui ont requis l'anonymat au vu du caractère sensible des discussions. Mais même dans ce scénario, ils seraient contraints au final de le démanteler.

Selon les appareils concernés, les licences accordées par l'ANSSI, et donc le gouvernement, durent entre trois et huit ans.

Une interdiction effective serait particulièrement gênante pour Bouygues Telecom et SFR d'Altice Europe, les deux opérateurs télécoms français qui utilisent déjà les équipements Huawei dans leur réseau mobile actuel.

Les nouvelles autorisations pour les équipements de réseau 5G sont liées aux équipements 4G existants, ce qui signifie que si un opérateur choisit un fournisseur différent pour la 5G, il devra également remplacer son infrastructure 4G existante.

Bouygues et Altice n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Quant aux opérateurs Orange et Iliad, ils s'appuient principalement sur Nokia, Ericsson ou les deux pour leurs réseaux mobiles.

Iliad et Orange ont refusé de commenter.

"Les positions britannique et française sont de fait plutôt similaires malgré des communications différentes", a résumé l'une des sources.

Paris et Pékin tentent de se rabibocher sur le sujet Huawei.

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