Un deuxième patient atteint du VIH considéré "guéri" — Sida

Evrard Martin
Juillet 18, 2020

Ce deuxième cas, connu comme il ne manifestait aucun signe du virus depuis 30 mois malgré l'arrêt des traitements antirétroviraux. Il s'agit du deuxième cas avéré de guérison du sida dans le monde.

En mars 2019, le professeur Ravindra Gupta, de l'université de Cambridge, avait annoncé que cet homme diagnostiqué séropositif en 2003 était en rémission, n'ayant montré aucun signe d'atteinte du virus depuis 18 mois.

Le médecin avait d'ailleurs insisté sur le terme "rémission", expliquant que la voie de la guérison était encore longue et demandait davantage de temps.

"Un an plus tard, son équipe a franchi ce pas".

"Nous suggérons que nos résultats représentent une guérison du VIH".

C'est difficile d'imaginer que toute trace d'un virus qui infecte des milliards de cellules a été éliminée.

Adam Castillejo a été soigné avec un traitement à base de cellules souches prescrit pour un cancer, comme l'Allemand Timothy Brown, premier patient déclaré guéri du sida en 2011.

Les deux patients ont bénéficié d'une même technique novatrice pour les débarrasser du virus, à savoir une greffe de cellules de moelle osseuse, lesquelles présentaient une mutation empêchant le virus d'infecter les cellules. Celles-ci portaient une mutation génétique très rare et résistante au virus du sida. En effet, le patient ne prend plus de médicaments antirétroviraux depuis 30 mois, et ce grâce à une greffe bien particulière réalisée il y a 46 mois. "Je veux être un ambassadeur d'espoir", confie Adam Castillejo, qui a grandit à Caracas, au Venezuela. Atteints d'un cancer du sang, ces deux patients ont également subi une greffe de moelle osseuse à partir de cellules-souches de donneurs. La guérison de Castillejo est une excellente nouvelle qui " signifie que la première guérison (chez le patient berlinois) n'était pas une anomalie ou un coup de chance!

" Il faut mettre en balance le taux de mortalité de 10 % pour une transplantation de cellules souches et le risque de mort si on ne fait rien", selon lui.

Près de 38 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seulement 62 % bénéficient d'une trithérapie. Depuis le début de l'épidémie, plus de 32 millions de personnes sont mortes d'affections liées à ce virus, dont près de 800.000 en 2018 d'affections liées au VIH. Seuls des succès fiables et récurrents dans un futur proche pourront convaincre l'ensemble de la communauté scientifique, encore très prudente. "Nous devons constamment rappeler l'importance de la prévention, du dépistage précoce et de l'adhésion au traitement comme piliers de la réponse mondiale actuelle au VIH/sida", a ainsi commenté auprès de CNN Sharon Lewin, directrice du Peter Doherty Institute for Infection and Immunity de l'Université de Melbourne (Australie), et membre du conseil d'administration de l'International Aids Society.

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