Un patient séropositif en rémission sans greffe de moelle — Sida

Evrard Martin
Juillet 8, 2020

Un homme porteur du virus du sida en rémission depuis plus d'un an pourrait être le premier patient adulte à guérir de la maladie sans avoir eu besoin d'une greffe de moelle osseuse: une percée potentielle annoncée mardi par des chercheurs.

Par ailleurs, compte tenu de la situation actuelle, pour les initiateurs de cette réunion, il faut avoir de l'espoir même si l'objectif de fin du sida prévu pour 2030 paraît être compromis à cause de la Covid-19, les efforts sont nécessaires pour y parvenir.

Ainsi, la conférence virtuelle de l'IAS sera une occasion propice de remettre tout à plat et de discuter sur les nouveaux politiques sanitaires et de financements.

" Comme l'épidémie de VIH avant elle, la pandémie de Covid-19 met en évidence les fragilités de notre monde, parmi lesquelles des inégalités économiques et sociales persistantes et des investissements de santé publique tristement inadaptés", écrit Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, dans l'introduction de ce rapport. Bien que la maladie ne soit plus synonyme de mort certaine comme autrefois, les patients séropositifs doivent prendre un traitement à vie.

Ces dernières années, deux hommes - baptisés patients de Berlin et de Londres - semblent avoir été guéris après avoir subi une greffe de moelle osseuse à haut risque pour traiter un cancer. Il a été diagnostiqué positif au VIH en 2012.

Dans le cadre de l'étude, il a reçu plusieurs médicaments antiviraux puissants, notamment du maraviroc (nom commercial Celsentri) et du dolutégravir (Tivicay), pour voir s'ils pouvaient l'aider à éliminer le virus.

Et ceci semble s'être avéré payant car après plus de 57 semaines sans traitement classique anti-VIH, ce patient a été testé négatif lors d'un test de détection d'anticorps anti-VIH.

" L'important pour moi est d'avoir un patient qui était sous traitement et qui contrôle désormais le virus sans traitement ", se félicite Ricardo Diaz, expert en maladies infectieuses à l'université de Sao Paulo.

Si l'on en croit ce spécialiste, ce mode de traitement, qui nécessite encore des recherches supplémentaires, représente une piste plus éthique que la greffe de moelle osseuses, pour les personnes gravement malades qui vivent avec le VIH. "Ces données très provocantes doivent faire l'objet d'une analyse plus approfondie ", nuance Sharon Lewin, directrice du Doherty Institute for Infection and Immunity de Melbourne.

" Cela signifie que 90% des personnes malades doivent savoir qu'elles sont malades, 90% de ces personnes dépistées doivent avoir accès aux médicaments et enfin 90% de celles-ci doivent avoir une charge virale indétectable, c'est-à-dire un traitement correctement suivi qui fonctionne et ne les rend plus contagieuses".

Mais l'auteur de l'article tient à rester prudent. Deuxièmement, les chercheurs ne savent même pas quels médicaments ont fait la différence, ni si le VIH a été supprimé chez la personne concernée d'une autre manière.

En 2019, quelque 1,7 million de nouvelles infections au virus du sida ont eu lieu dans le monde, soit une baisse de 23% depuis 2010.

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