Un relâchement de vigilance inquiétant pour le Conseil scientifique — France/Coronavirus

Evrard Martin
Juillet 10, 2020

Le président du conseil scientifique Covid-19 met en garde contre un nouveau départ potentiel de l'épidémie, renforcé par la négligence et les grands rassemblements.

Le relâchement de la vigilance en France, notamment chez les jeunes, face à la propagation du coronavirus, inquiète le Conseil scientifique, l'instance mise en place pour éclairer l'exécutif français dans la gestion de la crise sanitaire, qui n'écarte pas une reprise de l'épidémie.

Un nouveau confinement a été décidé dans les zones géographiques de certains pays: en Allemagne, en Australie, en Espagne, au Portugal ou au Royaume-Uni. Le risque est là: "dans un rassemblement avec des supercontaminateurs", tout en saluant que "nous venons de passer le délai de quinze jours après la Fête de la musique, sans rebond".

Alors que l'épidémie semble stabilisée en France, depuis quelques semaines les chiffres montrent que les courbes ne déscendent plus.

"En même temps, nous sommes frappés par le fait que les Français, en général, ont abandonné les gestes barrières... Les mesures de distanciation sociale sont de moins en moins appliquées, sauf dans les transports - et la population la plus âgée reste, elle, vigilante et fait attention", ajoute-t-il.

"Est-ce que ce relâchement va avoir des conséquences?" questionne Jean-François Delfraissy qui répond que "nous sommes à la merci d'un rassemblement où il y aurait _un ou plusieurs 'super-contaminateurs', qui peuvent infecter jusqu'à 50, 100 personnes_, comme cela fut le cas à Mulhouse en février". Selon le médecin, 500 nouveaux cas de coronavirus sont diagnostiqués par jour en France, "probablement la moitié de la réalité", a-t-il assuré, évoquant un manque de tests.

Interrogé sur la possibilité d'une reprise de l'épidémie à l'automne, le président du Conseil scientifique estime "logique de s'attendre à un retour de ce coronavirus, de l'hémisphère sud vers le nord".

S i elle est attendue "sur la période d'octobre à novembre", son évolution va dépendre des comportements des Français.

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