" "VanMoof condamne la " censure " d'une publicité en France — Vélo

Xavier Trudeau
Juillet 2, 2020

C'est l'accusation portée par la marque VanMoof, à qui il a été demandé de modifier son spot.

VanMoof suspecte l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) de défendre les intérêts de l'industrie automobile. "On a le sentiment d'avoir été censurés".

La publicité en question intitulée "Time to ride the future" montre des images de cheminées d'usines, d'embouteillages ou encore d'un accident sur un reflet de carrosserie d'une automobile sportive.

"Le spot a été diffusé aux Pays-Bas et en Allemagne". Notre message est fort, mais il n'y a aucune controverse et la pollution automobile reflète une situation à laquelle doivent faire face beaucoup de citadins. Peut-être que les généreuses retombées RP de cette affaire suffiront à ce constructeur de vélos connectés pour émerger davantage en France, alors que les avis de la presse sur ses derniers modèles sont très positifs. "Ils devront donc être modifiés", a écrit l'ARPP, dans son courrier à VanMoof. L'entreprise "préfère donner une visibilité publique" à ce qu'elle "considère comme une dérive". Or, d'après le code ICC publicité et marketing de la Chambre de commerce internationale, il est interdit d'exploiter un sentiment de peur ou de souffrance dans une publicité commerciale.

Cette décision a suscité un tollé sur la toile, nombre d'internautes - dont de nombreux militants écologistes - dénonçant le deux poids deux mesures entre les publicités omniprésentes pour l'automobile et le traitement réservé à ce spot pour une marque de vélo. VanMoof refuse de modifier sa publicité, même si cela pourrait lui faire perdre des diffuseurs: " Nous refusons de faire une version édulcorée qui répondrait aux recommandations de l'ARPP en faveur de l'industrie automobile. "C'est un appel à l'action, une chance de laisser le passé derrière nous et de faire de réels progrès qui profitent à tou.te.s. Remettre en question le statu quo sera toujours conflictuel, mais c'était notre objectif depuis le début", a déclaré Taco Carlier, co-fondateur de VanMoof, cité dans un communiqué.

VanMoof s'interroge sur l'indépendance de l'ARPP, un organisme privé composé notamment d'agences de pub ou de diffuseurs qui peuvent difficilement se mettre à dos l'industrie automobile, secteur qui pèse 10% du marché publicitaire en France. "Mais au final la responsabilité de diffusion relève des médias et des plateformes", a indiqué à l'AFP Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP. "C'est pourquoi l'instrumentalisation de la censure n'est qu'un artifice bien connu de certains acteurs pour avoir de la publicité gratuite ". Elle est administrée par les représentants des professions publicitaires. "Trois quarts des 100 premiers annonceurs investissant en communication sont adhérents de l'ARPP", est-il précisé sur son site internet.

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