La situation peut basculer "à tout moment" en France — Coronavirus

Evrard Martin
Août 5, 2020

"Je ne sais pas ce que cherche le Conseil scientifique, s'il cherche à prendre le pouvoir en France ou à faire peur", s'est emporté mardi soir Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) sur BFMTV.

"Le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barrières: l'équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé comme en Espagne par exemple", poursuit-il dans ce document remis au gouvernement le 27 juillet.

En outre, le nombre de patients atteints du Covid-19 hospitalisés en réanimation a augmenté de 13 cas depuis vendredi (384 au total), rompant avec la tendance à la baisse observée depuis avril, selon la Direction générale de la Santé (DGS) lundi.

Le Conseil scientifique mis en place par le gouvernement français pour lutter contre le coronavirus juge "hautement probable qu'une seconde vague épidémique soit observée à l'automne ou hiver prochain".

" L'avenir de l'épidémie à court terme est en grande partie entre les mains des citoyens", car " la France se trouve dans une situation contrôlée mais fragile, avec une recrudescence de la circulation du virus cet été", prévient l'instance dans ce nouvel avis rendu public mardi 4 août, intitulé " Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l'automne ".

Face au risque de dégradation de la situation, les autorités mettent aussi l'accent sur le port du masque.

Obligatoire dans les lieux clos depuis le 20 juillet, il est désormais imposé en extérieur dans un nombre croissant de villes.

C'est notamment le cas en Mayenne, où le virus est particulièrement présent, dans certaines zones de Nice, Toulouse et de la métropole lilloise, ou encore certains lieux de Haute-Savoie. Les Français sont appelés à respecter les gestes barrières.

La veille, son premier ministre Jean Castex avait relayé la même doctrine: " ne pas baisser la garde", pour éviter " un reconfinement généralisé", qui serait dévastateur pour l'économie, après deux mois quasiment à l'arrêt au printemps.

C'est également la ligne du Conseil scientifique: "La réponse à cette probable deuxième vague (à l'automne ou à l'hiver, ndlr) devra être différente de la réponse à la première". "L'anticipation des autorités sanitaires à mettre en place opérationnellement les plans de prévention, de prise en charge, de suivi et de précaution est un élément majeur".

À Paris, son port sera prochainement obligatoire dans certaines zones extérieures très fréquentées, ont annoncé mardi les autorités locales.

" Je porte le masque pour ne pas me prendre une amende. L'épidémie est maîtrisée, si jamais on se fait dépasser, on le saura très en avance", a récemment affirmé à l'AFP Yonathan Freund, professeur de médecine d'urgence à la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui s'élève contre un excès "d'alarmisme".

"S'il y a 1.000 cas par jour, c'est parce que le virus circule, et c'est normal". Ce bestiau-là (le Covid-19) ne m'inquiète pas plus que cela.

Le nouveau coronavirus a fait 30.294 morts en France depuis le début de l'épidémie.

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