Les pédiatres demandent "des mesures adaptées mais raisonnables" — Rentrée des classes

Evrard Martin
Août 21, 2020

Dès le mois d'avril, les pédiatres avaient insisté sur l'importance pour les enfants de la reprise scolaire et sur le fait qu'ils sont moins souvent contaminés, moins souvent malades et moins contaminants que les adultes. Alors que le débat sur la contagiosité des enfants peine à être définitivement tranché par les études scientifiques, le discours évolue à l'approche de la rentrée.

Dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Monde, sept sociétés savantes de pédiatrie font part de leur inquiétude quant à la prochaine rentrée scolaire. Une manière de dire que le protocole rendu public par le ministère de l'Éducation nationale fin juillet, qui prévoit que la distanciation physique ne sera obligatoire à l'école que si elle est " matériellement possible", n'est pas à la hauteur des enjeux?

"Inquiets devant l'organisation de la rentrée", les associations de pédiatres demandent de privilégier les tests salivaires pour dépister le Covid-19 chez les enfants et de renforcer la vaccination contre d'autres maladies, pour sécuriser le retour en classe. Ils appellent ainsi à "généraliser la vaccination contre le rotavirus", responsable des gastro-entérites, a fortiori aux "petits nourrissons": "Vacciner contre ces maladies représenterait un moyen de diminuer les consultations, les passages aux urgences et les hospitalisations à un moment où la circulation du Sars-CoV-2 risquera d'être à nouveau intense".

Enfin, les pétitionnaires déclarent "stratégies claires et précises" sur ce qu'il faut faire si un cas Covid-19 est détecté dans un établissement, pour éviter une ré-entrée "chaotique" avec "fermeture injustifiée de classes ou d'écoles", qui serait "nuisible aux enfants et à leur apprentissage".

" La pratique des prélèvements naso-pharyngés quasi-systématiques (tels qu'ils sont recommandés aujourd'hui) chez les enfants présentant une fièvre, des signes respiratoires ou digestifs n'est pas si anodine qu'elle peut le paraître", avertissent les pédiatres". "Outre leur aspect désagréable ", ces tests ont " un rendement modeste, un coût certain et nous exposent à des refus des enfants et/ou des parents", écrivent-ils. Ces pédiatres recommandent plutôt le "des tests de diagnostic rapide du Sars-CoV-2 (en particulier la salive), encore moins sensible mais qui permettent de prendre des décisions rapides pour la plupart des patients". Elles réclament notamment des tests plus rapides et des vaccins contre la grippe.

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