L'inconnue des carnets de commandes — Alstom-Bombardier

Xavier Trudeau
Août 2, 2020

La Commission européenne a autorisé sous conditions vendredi le rachat par Alstom de Bombardier Transport, qui doit permettre au groupe français de devenir le numéro deux mondial du rail derrière le chinois CRRC.

Le nouvel ensemble emploie -sans déduire les cessions concédées pour satisfaire Bruxelles- environ 76.000 salariés pour un chiffre d'affaires de 15,5 milliards d'euros.

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a écarté vendredi l'éventualité de destructions d'emploi massives à l'issue de la fusion. Je crois qu'il y a un dialogue de confiance qui a pu se nouer. Est-ce que c'est la conséquence des difficultés du précédent dossier (avec Siemens, ndlr) ou pas?

"Le feu vert de la Commission autorisant le rapprochement entre Alstom et Bombardier est une " bonne nouvelle " pour l'industrie ferroviaire européenne, " qui doit rester à la pointe de l'innovation ", s'est félicité le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire. Le groupe français s'est notamment engagé auprès de Bruxelles à céder son usine alsacienne de Reichshoffen, qui produit les trains régionaux Coradia et emploie 800 personnes.

"C'est Alstom qui va choisir le nouvel acquéreur, qui sera un concurrent régional pour lui".

Le groupe vendra également la plateforme Bombardier Talent 3 -des automoteurs vendus en Allemagne et en Autriche- ainsi que l'usine de Hennigsdorf, au nord de Berlin, en Allemagne.

Présentée à la mi-février, l'opération prévoit qu'Alstom débourse 6,2 milliards d'euros pour le rachat de Bombardier Transportation.

La menace de la concurrence chinoise avait déjà été évoquée pour justifier la reprise d'Alstom par Siemens, une opération qui avait été bloquée en février 2019 par la Commission. Les autorités européennes de la concurrence craignaient une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Les chevauchements d'activité d'Alstom avec Bombardier étaient, de fait, moins importants. En témoigne un site comme Petite-Forêt près de Valenciennes, qui fabrique métros et RER à la chaîne, et s'est interrompu peu de temps au plus fort du confinement, puis s'est calé en mode rattrapage depuis. Le constructeur a bouclé son exercice 2019-2020 (clos fin mars) avec un chiffre d'affaires en légère progression, à 8,2 milliards d'euros. Le carnet de commandes de Bombardier est à plus de 30 milliards, notre carnet de commandes est à plus de 40 milliards, nous avons l'un et l'autre de nombreux contrats à exécuter, nous avons besoin de tout le monde, a-t-il ajouté.

La crise du coronavirus devrait avoir un impact sur l'exercice en cours, mais le groupe estime disposer d'une trésorerie suffisante pour y faire face.

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