Offre ferme pour les parts d'Engie dans Suez — Veolia

Xavier Trudeau
Août 31, 2020

Veolia compte lancer une OPA sur Suez, son concurrent historique.

Veolia a pour cela remis dimanche à Engie, grand actionnaire de Suez, une offre ferme à 2,9 milliards d'euros, portant sur l'essentiel de sa participation.

Si l'offre faite à Engie aboutit, Veolia a l'intention de déposer par la suite une offre publique d'achat sur les actions restantes de Suez. Sans même attendre le résultat de cette revue, Veolia tend la main à Engie en proposant de lui racheter 29,9% du capital de Suez (Engie détenant 31,7% au total).

L'ensemble de l'opération est estimé à environ 10 milliards d'euros.

L'ensemble de l'opération, relutive dès la première année, serait réalisée avec une dette maîtrisée permettant de conserver le profil de notation "Investment Grade" de Veolia.

Ce dernier propose à Engie 15,50 euros par action en numéraire pour ses 29,9 % de Suez et cette offre est valable jusqu'au 30 septembre. L'action Suez a fini vendredi à 12,24 euros à la Bourse de Paris.

Engie a pour sa part fait savoir dimanche soir qu'il allait " étudier la proposition dans les prochaines semaines ". La réunion de Veolia, déjà numéro un mondial du secteur, et Suez, numéro deux, fait l'objet de spéculations régulières.

Pour le PDG de Veolia, "la déclaration d'Engie crée l'occasion", mais "ce projet a la force de l'évidence" et va dans "le sens de l'histoire". Dans ce but, Veolia indique avoir identifié un acquéreur pour les activités de Suez Eau France, en la personne de Meridiam, entreprise française de gestion d'infrastructures, qui s'est engagée à cette acquisition, pour un montant non divulgué. En 2012, Veolia avait déjà envisagé un rapprochement avec Suez mais le projet avait été abandonné pour des questions de concurrence.

Au-delà de l'évolution d'Engie, Antoine Frérot considère que la crise du Covid-19 fournit un contexte porteur pour ce rapprochement entre Veolia et Suez en raison de la grande place prise par les préoccupations écologiques à travers le monde. Mais " la concentration a commencé", prévient Antoine Frérot, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur ou la montée d'acteurs venus de Chine.

"Sur un marché mondial, la taille est capitale d'abord pour financer les installations nécessaires pour accélérer la transition écologique des villes mais aussi des industriels et puis la taille est capitale pour pouvoir imaginer et financer toutes les solutions qui sont encore à imaginer pour réussir cette transformation écologique, y compris les innovations de rupture", a ajouté le PDG de Veolia, en citant la capture du carbone, le recyclage de plastiques impossibles à recycler pour l'instant ou l'extraction des matières rares des déchets électroniques. Veolia a ainsi la volonté de "créer un champion français à culture européenne dans cette course", a dit Antoine Frérot.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL