Accords Israël-Bahreïn-Émirats: Trump salue "la naissance d'un nouveau Moyen-Orient"

Claudine Rigal
Septembre 16, 2020

Les Émirats Arabes Unis et le Bahreïn signeront le 15 septembre les accords de normalisation de leurs relations avec Israël. Il s'agissait surtout d'une " normalisation " puisque ces Etats n'étaient pas en état de guerre ni même d'hostilité.

Décrits comme " historiques " par les parties signataires, ces accords en effet inédits mettent au jour des rapports harmonieux de ces émirats avec l'Etat hébreu qui prévalent de manière clandestine depuis de nombreuses années.

Il a affirmé que " cinq ou six pays " arabes supplémentaires suivraient " très bientôt " l'exemple des deux Etats du Golfe, sans préciser lesquels.

"C'est une réussite de première classe", assure David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy, tout en soulignant que cela "n'implique pas la même prise de risque" pour les Israéliens que celle acceptée par Menahem Begin, "lorsqu'il a abandonné le Sinaï" à l'Egypte, ou Yitzhak Rabin, lorsqu'il a négocié avec le Palestinien Yasser Arafat.

Les Palestiniens, qui dénoncent un " coup de poignard dans le dos " de la part de ces pays accusés de pactiser avec l'Etat hébreu sans attendre la naissance de leur Etat, avaient appelé à des manifestations mardi, un " jour sombre " dans l'histoire du monde arabe.

Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron, dans le nord et le sud de la Cisjordanie occupée, et dans la bande de Gaza, sous blocus israélien.

Sur Twitter, les internautes bahreïnis ont rapidement exprimé leur désaccord sur l'accord avec Israël faisant du hashtag " Les Bahreïnis contre la normalisation", l'un des sujets les plus populaires sur les réseaux sociaux ce week-end.

Il est en revanche resté muet sur le sort des Palestiniens, grands absents de mardi, même si les ministres des Émirats et de Bahreïn ont rappelé leur cause.

Ces accords sont une victoire pour Benjamin Netanyahu et rapprochent Israël de son objectif d'être accepté dans la région.

Pour Donald Trump, qui brigue un second mandat et n'avait jusqu'ici que peu d'avancées diplomatiques à présenter aux électeurs, c'est un succès reconnu jusque chez ses adversaires démocrates. Les grandes puissances européennes telles que la France et le Royaume-Uni ont salué l'accord entre Israël et les Émirats arabes unis, tout comme l'exécutif de l'Union européenne, qui a déclaré qu'il était bon pour la stabilité régionale. Bahreïn a décidé la semaine dernière d'en faire autant.

Des divergences sont toutefois déjà apparues sur les conditions entourant l'accord avec les Émirats.

"Personnellement je n'aurais aucun problème avec ça", "je n'aurais aucun problème à leur vendre des F-35", a dit le président des Etats-Unis sur la chaîne Fox News trois heures avant la cérémonie de signature, mettant en avant les "nombreux emplois" que créerait un tel contrat côté américain. Le mystère persiste. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit s'opposer à cette vente, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région.

Il n'y aura "aucune paix" au Proche-Orient sans la "fin de l'occupation" israélienne des Territoires palestiniens, a réagi mardi soir le président palestinien Mahmoud Abbas après la signature d'accords de normalisation des relations entre Israël et deux pays du Golfe.

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