Athènes annonce l'achat de 18 avions Rafale — Conflit Grèce-Turquie

Claudine Rigal
Septembre 15, 2020

Au cours d'une allocution télévisée, hier samedi 12 septembre 2020, le chef de l'Etat turc s'est adressé à son homologue français Emmanuel Macron, en lui demandant de ne pas chercher des embrouilles à la Turquie.

Mais si la Turquie a confirmé que son navire de recherche Oruc Reis était rentré au port, elle a toutefois souligné ne pas renoncer à ses droits dans la zone.

En août, la Turquie a déployé l'Oruc Reis et deux vaisseaux d'escorte de la Marine en direction de la région contestée près de l'île grecque de Meis, aussi connue sous le nom de Kastellorizo, qui selon la Grèce fait partie de son plateau continental. Elle a prolongé la mission à trois reprises malgré les appels répétés de l'UE et de la Grèce d'y mettre fin.

La Grèce et Chypre sont en première ligne face à la Turquie, qui revendique le droit d'exploiter des gisements d'hydrocarbures dans une zone maritime qu'Athènes estime relever de sa souveraineté, affirmant, avec ses homologues, qu'Ankara viole le droit international.

La France, particulièrement offensive face à la Turquie, tout comme la Grèce doivent encore convaincre des partenaires européens parfois frileux sur l'opportunité d'une riposte alors qu'Ankara menace régulièrement d'utiliser le levier migratoire à l'encontre de l'UE. Athènes a démenti cette information, mais le ministère turc de la défense a déclaré jeudi que des négociations avaient commencé entre des délégations militaires des deux pays au siège de l'Otan à Bruxelles. Une décision pourrait être prise lors du Conseil européen des 24-25 septembre.

"Il est important que nous continuions à porter le projet d'une Europe de la défense plus approfondie", a-t-il ajouté, alors que la surenchère s'est poursuivie samedi avec l'achat par la Grèce de 18 avions de combat français Rafale. Mais le ministre s'en est également pris au président français Emmanuel Macron, qui quelques jours plus tôt avait exhorté la Turquie à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée, et agité le spectre de sanctions européennes.

"Il semble évident que M. Macron est en échec politique", a fustigé Hulusi Akar.

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