Australie / Facebook : la firme menace d’empêcher le partage d’articles

Xavier Trudeau
Septembre 2, 2020

SYDNEY, 1er septembre (Reuters) - Facebook FB.O a fait savoir mardi qu'il bloquera le partage d'informations de presse sur ses plateformes en Australie si un projet de loi destiné à contraindre les géants américains du numérique à rémunérer les groupes de presse locaux pour la mise en avant de leurs contenus venait à être promulgué.

"L'ACCC présume que Facebook profite le plus de ses relations avec les éditeurs, alors qu'en fait l'inverse est vrai".

La loi obligerait Facebook à choisir entre supprimer entièrement les actualités ou accepter un système permettant aux éditeurs de facturer autant de contenus qu'ils le souhaitent sans limites claires, a-t-il ajouté, soulignant que le projet de loi comprenait mal la dynamique d'Internet et nuirait aux organes de presse. 'Dans ce cas et à contrecoeur, nous n'autoriserons plus les éditeurs et utilisateurs australiens à partager des infos au niveau tant local qu'international sur Facebook et Instagram', déclare Will Easton, directeur de Facebook Australie. Ce n'est pas notre premier choix - c'est notre dernier.

Canberra a dévoilé fin juillet un projet de "code de conduite contraignant" qui obligerait les géants qui dominent l'internet, au premier rang desquels Google et Facebook, à rémunérer les médias australiens, en grande difficulté financière, pour leurs contenus. 'C'est la seule façon pour nous de pouvoir nous protéger contre un scénario qui défie toute logique et qui nuira à long terme à la viabilité du secteur australien des médias et de l'information.'En réagissant ainsi à l'intention de l'Australie, Facebook se rallie à Google et se met à dos le gouvernement australien.

Il a également accusé le gendarme australien de la concurrence (ACCC), à l'origine de ce code, d'avoir 'ignoré des faits importants' lors du processus de consultation qui a pris fin lundi.

"Les informations représentent une fraction de ce que les gens voient sur leur fil d'actualité et ce n'est pas une importante source de revenus pour nous", a soutenu M. Easton. Facebook affirmant que cela donnerait aux agences de presse australiennes un avantage concurrentiel injuste. AUD aux éditeurs australiens.

Google a également contre-attaqué en créant des 'pop-ups' sur les moteurs de recherche affirmant 'que la manière dont les Australiens utilisent Google est menacée' et en incitant les 'youtubers' du monde entier à se plaindre auprès des autorités australiennes. Selon Google, la loi " est établie pour accorder un traitement spécial aux grandes entreprises de médias et pour les encourager à faire des demandes énormes et déraisonnables qui mettraient en danger nos services gratuits. L'interdiction affecterait les informations des organisations australiennes locales ainsi que des médias internationaux et aurait un impact à la fois sur Facebook et Instagram. Les journaux et les médias australiens, comme leurs homologues dans d'autres pays, ont été durement touchés par la récession économique due à la pandémie de coronavirus, a rapporté The Guardian.

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