Biodiversité mondiale : le vivant s’effondre à vitesse accélérée

Claudine Rigal
Septembre 14, 2020

Ainsi les destructions massives de zones humides à l'échelle mondiale ont eu pour effet de faire chuter de 84% en moyenne les populations du millier d'espèce étudié dans cet habitat naturel.

La WWF se base sur l'Indice Planète Vivante qui est calculé par la Société zoologique de Londres à partir de données scientifiques collectées sur 21 000 populations de plus de 4 000 espèces de vertébrés (des populations de mammifères, d'oiseaux, d'amphibiens, de reptiles et de poissons) Les conclusions sont édifiantes, effrayante même, et dépassent les prévisions les plus pessimistes: entre 1970 et 2016, le déclin moyen des populations de vertébrés est de 68%.

Pour obtenir ce résultat, l'étude a pris en compte 4000 espèces de vertébrés, reparties en environ 21000 populations d'animaux dans le monde.

Le rapport estime que le changement d'utilisation des terres - principalement la conversion d'habitats vierges en systèmes agricoles - constitue la cause directe la plus importante de perte de biodiversité.

"Nous ne pouvons pas ignorer les preuves - ces graves déclins des populations d'espèces sauvages sont un indicateur que la nature se défait et que notre planète clignote des signes avant-coureurs rouges d'une défaillance des systèmes", a déclaré Marco Lambertini, directeur général de WWF International, dans une déclaration.

Depuis 2018, date du dernier rapport, la chute de biodiversité qui était alors de 60% continue de s'accélérer pour la période 1970-2014. Selon lui, "nous assistons à la destruction de la nature par l'humanité", ce qui est "de fait, un écocide ".

Le dérèglement climatique, une des cinq menaces majeures qui met en danger l'avenir de la planète, pourrait devenir, dans les années à venir, la première cause de disparition des espèces, entraînant l'extinction d'au moins 20% des espèces terrestres à horizon 2100, constate le rapport, notant que les océans ne sont épargnés par cette dégradation de la biodiversité.

La forte croissance de la population humaine enregistrée au cours de ces dernières décennies a métamorphosé notre monde.

#BREAKING La taille moyenne de la population de mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens a diminué de 68% depuis 1970, si nous ne changeons pas nos habitudes, ouvrez les yeux sur la réalité. Le rapport précise par ailleurs que les régions tropicales des Amériques sont les zones où le déclin est le plus marqué: 94%, soit " l'indice Planète Vivante le plus important jamais observé ".

La mise à jour Living Planet accompagne une étude co-rédigée par plus de 40 ONG et institutions universitaires, qui expose les moyens d'arrêter et d'annuler les pertes que la consommation humaine a infligées.

Intitulée "Infléchir la courbe" et publiée dans la revue Nature, elle explique différents scénarios possibles pour préserver la nature, mais aussi réduire l'empreinte de la production agricole ou de la consommation humaine. Le continent africain enregistre quant à lui une perte de 65 % de ses vertébrés.

Mais il y a urgence, insiste David Leclère. Et une espèce qui disparait le fait "pour toujours".

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