Environnement : Veolia se lance à la conquête de Suez

Xavier Trudeau
Septembre 1, 2020

Le conseil d'administration de Suez a défendu lundi l'indépendance du groupe de services aux collectivités, rejetant ainsi l'offre "non sollicitée", dévoilée la veille par Veolia. Le prix proposé à Engie pour ses parts valorise la totalité du capital de Suez plus de 9,7 milliards d'euros. Sans même attendre le résultat de cette revue, Veolia tend la main à Engie en proposant de lui racheter 29,9% du capital de Suez (Engie détenant 31,7% au total).

"Nous lançons la création d'un super champion mondial de la transformation écologique ", se réjouit le patron de Veolia.

Ce plan stratégique, présenté en octobre, vise à détrôner Veolia de sa place de numéro un du secteur. "Le géant de l'énergie avait annoncé en juillet sa volonté de recentrer son activité, en cédant des actifs jugés non stratégiques". "Concernant Suez, je dirais que tout est ouvert", avait déclaré alors le président du conseil d'administration, Jean-Pierre Clamadieu.

L'une d'elles a ajouté qu'Engie se réservait la possibilité d'examiner des propositions alternatives qui pourraient émerger de la part d'un ou plusieurs autres investisseurs.

Pour le PDG de Veolia, Antoine Frérot, le projet annoncé dimanche va dans " le sens de l'histoire ". "Nous créons le groupe pour le monde d'après", assure Antoine Frérot. Les deux entreprises réalisent un chiffre d'affaires cumulé de 45 milliards de dollars. Mais " la concentration a commencé", prévient Antoine Frérot, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur ou la montée d'acteurs venus de Chine.

Si les deux parties tombent d'accord, la transaction devra cependant obtenir l'aval des autorités de la concurrence. Dans ce cadre, Veolia a identifié un acquéreur capable de préserver la concurrence et l'emploi pour les activités de Suez Eau France, en la personne de Meridiam, entreprise française de gestion d'infrastructures.

"Ce projet s'inscrit dans une approche amicale, tant nous partageons avec Suez les mêmes métiers, la même culture et les mêmes valeurs", a-t-il assuré. "Nous en sommes là, pas plus, pas moins", a dit M. Frérot.

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