Info éco - Fermeture à Béthune : Bridgestone pouvait-il faire autrement ?

Xavier Trudeau
Septembre 21, 2020

Le fabricant japonais de pneumatiques Bridgestone a annoncé ce mercredi 16 septembre vouloir entamer des discussions en vue de la fermeture de son usine de Béthune (Pas-de-Calais) en raison de la faiblesse de la demande et d'une forte concurrence. Une annonce qui a suscité sur le champ un réplique commune d'une rare virulence du gouvernement et du président des Hauts-de-France.

Le groupe nippon se dit " pleinement conscient des conséquences sociales d'un tel projet ". La direction promet également qu'elle va " rechercher activement un repreneur pour le site ". "Il est la conséquence directe d'une évolution du marché à laquelle Bridgestone doit faire face".

Comme Michelin, Bridgestone invoque la concurrence croissante des marques asiatiques à bas coûts, notamment chinoises. Ils veulent à tout prix que la production soit relancée sur place.

Cette annonce intervient près d'un an après la décision du concurrent français Michelin de fermer deux usines de pneus à La Roche-sur-Yon, en Vendée et à Bamberg, dans le sud de l'Allemagne.

Le PDG de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient, Laurent Dartoux, a expliqué à l'AFP que la décision de fermeture, était destinée à "préserver la viabilité des opérations de l'entreprise", et était causée par "des problèmes de marché structurels". "Les mesures prises pour redresser le tir n'ont pas abouti, assure le groupe". Après 60 ans d'existence à Béthune, Bridgestone devrait définitivement fermer ses portes au deuxième trimestre 2021.

"Il y a une mobilisation absolue pour ce site", a assuré sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui "croit à la pression politique" et souligne "une forme de concorde politique autour de ce dossier", assurant travailler "main dans la main" avec Xavier Bertrand, le président de la région.

Voilà donc la stratégie engagée depuis quelques années par le géant japonais afin d'engranger des bénéfices et reverser des dividendes à ses actionnaires avec pour ultime but, celui de licencier et "mettre sur la paille " les 863 salariés et leur famille du site béthunois dans un bassin d'emplois déjà fortement impacté par de nombreuses fermetures d'entreprises. "Ils en contestent la brutalité, la pertinence et les fondements" et "demandent à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site", peut-on lire dans ce communiqué.

Selon les syndicats toutefois, ce sont environ 400 emplois au total qui seront affectés par la réorganisation de la branche. La partie de bras de fer est lancée.

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