Le lutteur Navid Afkari exécuté par l'Iran malgré la mobilisation internationale

Claudine Rigal
Septembre 14, 2020

Le tribunal provincial de Chiraz a également condamné les frères du lutteur, Vahid et Habib Afkari, à 54 et 27 ans de prison, respectivement, pour le meurtre d'Hasan Turkman.

L'Iran a annoncé samedi avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, condamné à mort pour le meurtre d'un fonctionnaire lors d'"émeutes" en 2018, selon le site internet de la télévision d'Etat. Il a indiqué que la sentence du "qesas", c'est-à-dire la "loi du talion", a été mise en oeuvre.

En précisant que la peine de mort a été appliquée "face à l'insistance de la famille de la victime". Mais selon l'avocat de Navid Afkari, maître Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime devait avoir lieu dimanche pour "demander pardon" et ainsi éviter l'application de la peine capitale. "Etiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite?" s'est-il d'ailleurs insurgé.

" Dans des lettres, Thomas Bach, le président du CIO, avait adressé des appels personnels directs au Guide suprême et au président de l'Iran cette semaine et demandé la clémence pour Navid Afkari, tout en respectant la souveraineté de la République islamique d'Iran".

Selon l'Autorité judiciaire, Navid Afkari avait été reconnu coupable d'" homicide volontaire " sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz, poignardé le 2 août 2018. La justice iranienne avait diffusé ses aveux télévisés, mais le lutteur avait déclaré avoir avoué sous la torture.

Le Comité international olympique s'est dit "choqué" par l'exécution du lutteur iranien, dans un communiqué publié samedi après-midi. Les soutiens en faveur du prévenu avaient afflué du monde entier, des informations affirmant qu'il s'était fait extorquer ses aveux sous la torture.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a dénoncé samedi l'exécution "secrète" de Navid Afkari, la qualifiant de "parodie de justice" après un procès "manifestement inéquitable". L'agence de l'autorité judiciaire Mizan avait démenti ces accusations au début septembre.

Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à "épargner" la vie d'une "grande star de la lutte (.) qui n'a fait que participer à une manifestation antigouvernement". Ce nombre a néanmoins "diminué de moitié" par rapport à 2018, selon Amnesty.

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