"Si on a peur, ils ont gagné", estiment les victimes

Claudine Rigal
Septembre 12, 2020

Le 1 septembre, cinq ans et demi après les attentats qui ont visé la rédaction de Charlie Hebdo, l'hebdomadaire satirique français a décidé de republier les caricatures du prophète Mohammed, à la veille de l'ouverture du procès contre les terroristes, afin de rendre hommage aux journalistes et dessinateurs tués. ". Elle décrit les projets de Bernard Maris, ses envies, sa volonté d'être à la fois " un grand transmetteur détestant qu'on fasse croire que l'économie est très compliquée " mais aussi " un artiste", " un poète, qui écrivait le matin ". Notons que la parution de la revue d'Al Qaïda a eu lieu à la date d'anniversaire des attentats du World Trade Center que le groupe terroriste avait perpétré le 11 septembre 2001, aux Etats-Unis.

"L'attaque, qui a fait dix morts dans les locaux de Charlie Hebdo, l'a " stupéfait par la violence " mais aussi par le fait qu'elle " arrive à ce moment-là", le climat n'étant pas alors celui de " la menace permanente " selon lui.

Les accusés présents au procès se sont dits unanimement "émus" hier par le récit des proches des victimes et des survivants de la tuerie de Charlie Hebdo, "J'aimerais présenter mes condoléances aux familles: j'ai été impressionné par leur courage et leur dignité", a assuré Miguel Martinez, invité par la cour d'assises spéciale de Paris à s'exprimer sur le récit des parties civiles, après une semaine de témoignages éprouvants. Ses séquelles, " physiques, sensorielles, psychologiques", sont " à vie", mais il assure néanmoins " regarder le verre à moitié plein ".

" Cette balle ne m'a pas raté, mais je dirais aussi qu'elle ne m'a pas eu".

'La liberté, ça se défend!' Et c'est pareil pour le journal: on s'en est relevé', lance-t-il à la barre. Charlie, ce n'est pas que la culture de la mort, ce n'est pas que les attentats.

Déjà blessé lors d'un précédent attentat islamiste à Paris en 1985, Fabrice Nicolino a été touché aux jambes et à l'abdomen lors de l'attaque de Charlie, et marche lui aussi avec une béquille. Une souffrance qui passe après son 'combat' pour Charlie.

Ce journal, 'on a le droit de l'aimer ou de le détester, toute l'équipe de Charlie s'en contrefout', mais 'il s'agit de liberté, et la liberté concerne tout le monde!', s'emporte le sexagénaire, avant de fustiger le manque d'intérêt de ses confrères pour l'hebdomadaire. La liberté ça ne se discute pas, ça se défend!

"Si on a peur, ils ont gagné", a martelé devant la cour d'assises spéciale de Paris Chloé Verlhac, veuve du dessinateur Tignous, tué lors de l'attaque du 7 janvier 2015.

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