Statu quo de la BCE

Xavier Trudeau
Septembre 13, 2020

Aux journalistes qui lui demanderaient, après la réunion de politique monétaire de ce jeudi, si elle se voit plutôt en "faucon" ou en "colombe", la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait plus répondre vaguement comme en décembre.

La BCE a laissé inchangé son principal taux d'intérêt à zéro, tandis que les banques se verront appliquer toujours un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients. La banque centrale a également confirmé ses indications prospectives ("forward guidance") sur les taux, indiquant qu'ils resteraient à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu'au retour de l'inflation à un niveau "proche de mais inférieur à 2%".

La hausse des prix est attendue à 0,3% en 2020, 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, contre respectivement 0,3%, 0,8% et 1,3% lors de ses précédentes prévisions en juin. La BCE a répété qu'elle réinvestirait le produit des obligations arrivant à échéance et acquises dans le cadre de ce programme au moins jusqu'à la fin 2022.

Le montant du programme d'assouplissement quantitatif (QE), qui a repris le 1er novembre 2019 et portait initialement sur un volume d'achat de 20 milliards d'euros d'actifs par mois, continue de bénéficier d'une enveloppe supplémentaire de 120 milliards d'euros pour le reste de l'année 2020.

" La BCE maintient son cap et signale qu'elle va continuer à assouplir sa politique monétaire dans les mois à venir", a commenté Marcel Fratzscher, président de l'institut économique DIW.

La devise européenne s'est par ailleurs soudainement appréciée lorsque Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a indiqué que le récent renforcement de l'euro, qui a pris environ 10% depuis mai, ne posait pas encore de problème, même si la BCE "surveille attentivement" son appréciation.

Les investisseurs pensent que Christine Lagarde profitera de sa conférence de presse pour intervenir verbalement afin de freiner l'ascension de la monnaie unique.

" La force de la reprise reste soumise à de grandes incertitudes car elle est très dépendante de l'évolution future de la pandémie et le succès des politiques " mises en place pour combattre celle-ci, a expliqué Mme Lagarde.

Un taux d'inflation étonnamment bas en août, le plus bas depuis 2001, a également soulevé la question de savoir si la BCE devra faire davantage pour réorganiser l'économie de l'euro. La Banque centrale pourrait en conséquence améliorer légèrement sa prévision de PIB pour cette année (qu'elle attend pour le moment en recul de 8,7%).

Pour 2020, elle prévoit désormais une inflation de 0,3%, puis 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, selon ses nouvelles prévisions annoncées jeudi.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL